Beaucoup moins connu que le Petit Nicolas, Raoul Taburin, le Mozart des réparateurs de biclous qui ne sait pas faire de vélo, est aussi né de l’imagination de Sempé. Si l’artiste avait été déçu des films consacrés à son écolier, créé avec son complice, René Goscinny, il a participé, cette fois, à l’écriture, avec Guillaume Laurant, à qui l’on doit le scénario du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. Pour incarner ce bon Raoul, qui vit depuis l’enfance comme une malédiction de ne pas tenir en selle, mais préférerait mourir que d’avouer ce terrible secret, le réalisateur Pierre Godeau a choisi Benoît Poelvoorde.
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Heureux hasard, l’acteur, qui a fait des études d’art, est un fan absolu du dessinateur : « C’est Sempé qui m’a donné envie de dessiner et d’être un artiste, en général. » Et d’ajouter, dans le magazine Première : « Tous les personnages que j’ai incarnés ont été influencés par Sempé, ce génie. Il rend l’insignifiant extraordinaire. » Pour l’accompagner dans cette jolie fable un peu vieille France à l’humour poétique, Poelvoorde a convié son ami Édouard Baer pour tenir le rôle de Figougne, le photographe parisien un peu snob qui devient l’ami de Taburin. « Benoît m’a dit : “Viens on va être heureux” », raconte Baer. Comment refuser ? Et comment ne pas l’être ? Ici, les vélos ont une âme, et la drôlerie n’est jamais tapageuse. C’est de la dentelle. Si Benoît ne s’était pas sérieusement blessé… dans une chute à vélo, ce tournage aurait été, selon lui, le plus beau souvenir de sa carrière.
En effet, lors d’une séquence où l’acteur devait simplement monter en selle, ce dernier a décidé de tenter une petite descente à vélo… Malheureusement dans sa lancée il ne trouvera pas les freins. Résultat : Benoît Poelvoorde passe au dessus du vélo et fait une triade du coude (luxation doublée d’une fracture) qui lui vaudra 17 points de suture !
Raoul Taburin : dimanche 21 juillet à 21h10 sur France 2
Julien Barcilon