Qu’est-ce qu’on va faire de Jacques ? (Arte) : Comment Vincent Deniard s’est-il préparé pour incarner un schizophrène ?

Publié le 25 février 2022 à 15:23
Samuel Lahu
Sous les traits d’un homme souffrant de schizophrénie, le comédien est bluffant. Une performance récompensée à La Rochelle, en septembre 2021.

Bravo pour votre prix d’interprétation !

Vincent Deniard : Merci. J’ai été très ému de recevoir cette distinction. C’était la première fois que je participais au Festival de la Fiction de La Rochelle. J’ai grandi dans cette ville et, pour moi, c’était magique de revenir sur les lieux de mon enfance.

Comment vous êtes-vous emparé du personnage de Jacques ?

J’ai beaucoup travaillé sur le texte. Pierre Chosson, l’un des scénaristes, s’est inspiré de sa sœur, elle-même schizophrène. J’ai pu échanger avec elle et avec des personnes qui avaient connu des gens atteints de cette pathologie. Je me suis aussi documenté en lisant des ouvrages et en regardant des films consacrés à la folie. Tout cela m’a aidé à cerner ce personnage.

Quelle était la principale indication de jeu ?

La réalisatrice, Marie Garel-Weiss, m’a demandé de prendre une dizaine de kilos. Car les personnes vivant avec une problématique de santé mentale sont souvent confrontées à l’embonpoint. Elle m’a dit aussi cette phrase précieuse : « Vincent, surprends tes partenaires ! » À chaque réplique, je leur renvoyais la balle différemment. La folie, c’est un peu ça. On ne sait jamais comment la personne va se comporter…

Votre regard sur ce type de trouble a-t-il changé ?

Évidemment, même si j’en avais déjà conscience auparavant. Aujourd’hui, j’analyse différemment certains comportements. Je me dis que ce sont peut-être des gens atteints de maladie mentale.

Aviez-vous conscience de faire œuvre utile, en tournant dans ce téléfilm ?

Bien sûr. Cette fiction est une leçon d’humanité, qui peut donner aux téléspectateurs un peu plus de compassion envers ces malades. Elle se penche aussi, et surtout, sur les problèmes rencontrés par les aidants, qui ne sont pas assez soutenus.

Un mot sur Vittoz, votre prochain personnage, dans Clèves, un téléfilm diffusé bientôt sur Arte ?

À l’instar de Jacques, Vittoz garde une grande part d’enfance. Encore un très beau personnage !

Interview Caty Dewanckèle

Qu’est-ce qu’on va faire de Jacques ? : vendredi 25 février à 20h55 sur Arte

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