A l’inverse de ses collègues Avengers, adeptes des bastons monumentales, Ant-Man, créé par Stan Lee et Jack Kirby en 1962, la même année que Spider-Man, est un champion de la décroissance. Dans ce film fidèle au comics, c’est grâce au génie du docteur Hank Pym (Michael Douglas), inventeur de la formule capable de réduire l’espace entre les atomes, que le plus petit des super héros (il rapetisse et grandit à volonté) a vu le jour. Une génération après ses exploits, Pym sort de son exil pour transmettre le flambeau au roi de la cambriole, Scott Lang. Comme les fourmis, avec lesquelles il communique, le justicier taille XXS peut se glisser partout, entre des lattes de parquet, par le trou d’une serrure, et est doté d’une force inouïe.
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Le superpouvoir d’Ant-Man, c’est assurément son interprète, Paul Rudd. Comédien charmant et discret, il incarne avec une pointe d’ironie ce loser immédiatement attachant, qui va devoir révéler la part héroïque qui est en lui. On l’associait, jusque-là, à ses rôles dans les comédies potaches de Judd Apatow : 40 ans, toujours puceau, En cloque, mode d’emploi… En 2015, à 46 ans, dont vingt ans de carrière au compteur, il débarquait donc dans l’univers Marvel, où sa fine silhouette tranche avec celle de ses collègues musclés. Selon Peyton Reed, le réalisateur du film, il était l’homme parfait dans la peau du mauvais garçon en quête de rédemption : "Paul possède un fort capital sympathie, mais ce film révèle une autre facette de sa personnalité, parce qu’il interprète un ancien détenu et un cambrioleur. Il a joué dans de nombreuses comédies, mais également dans des oeuvres plus graves, que ce soit au cinéma (Prince of Texas, Comment savoir, ndlr) ou au théâtre". Autrement dit, la carte de visite d’un acteur capable de tout jouer. "Dans la vie, je fais tout de manière comique, mais j’approche mes rôles d’un point de vue dramatique", confie l’acteur. Quand ses copains humoristes écumaient les scènes d’improvisation, il a voulu étudier le très sérieux théâtre anglais du XVIIIe siècle, à Oxford : "Mes agents n’ont rien compris. Je voulais devenir un meilleur acteur, pas juste un acteur qui travaille".
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Mini-héros, maxi récré
Ici, pour la tragédie, Paul Rudd repassera. Ludique et joyeux comme tout, le film joue sur les changements d’échelle, rappelant Chérie, j’ai rétréci les gosses ou L’Aventure intérieure. Le film s’offre même un régal de duel final sur les terres de Toy Story, en prenant pour décor un petit train électrique dans une chambre d’enfant. "Même quand je jouais devant un écran vert, s’amuse le comédien, j’étais conscient qu’il allait se passer plein de trucs incroyables autour de moi". D’un style décontracté , à l’opposé du sérieux d’un Batman, Ant-Man appartient, comme les Gardiens de la Galaxie, à la famille des superhéros à la cool. Un registre dans lequel Paul excelle. Après Ant-Man et la Guêpe (2018), il a rempilé pour un troisième opus : Ant-Man et la Guêpe : Quantumania, en février dernier.
Ant-Man est diffusé lundi 5 juin à 21h25 sur TMC
ISABELLE MAGNIER