Hanté par l’enfer au Vietnam (il s’engagea . 21 ans), le réalisateur plantait de nouveau sa caméra, aprés Platoon (4 Oscars, en 1987), dans la plaie de la mauvaise conscience américaine, en adaptant l’autobiographie du vétéran Ron Kovic, publiée en 1976. Ron est jeune, beau, il aime ses parents, la belle Donna, sa patrie, la parade de l’Independence Day, fêté tous les 4 juillet, jour de sa naissance. C’est l’époque où, à la télévision, John Kennedy lance son appel : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays » . Plein d’enthousiasme, le garçon, à peine sorti de l’école, s’engage dans le corps des Marines et part pour le Vietnam. Quelques mois plus tard, il en revient détruit, cloué à vie dans un fauteuil roulant. Toutes ses valeurs sont remises en question : l’héroïsme, le patriotisme et la virilité. Provocateur, Oliver Stone choisit Tom Cruise, la star de Top Gun, pour incarner ce patriote zélé, devenu farouche militant pacifiste.
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« Tom représente le héros américain type, dans toute sa splendeur. Les adolescents s’identifient à lui. Je voulais en finir avec son image trop clean », expliquait le cinéaste, en 1990. Pari presque réussi : même abîmé, hirsute et moustachu, le beau gosse de La Couleur de l’argent est magnétique. À 28 ans, Tom est déjà perfectionniste. Il s’installe dans un hôpital, écoute les vieux combattants, lit tous les livres sur le sujet. « Le plus difficile était de vivre en fauteuil roulant. C’était épuisant. J’ai tout donné à ce film, il m’a transformé́ ». Tom Cruise n’a pas décroché l’Oscar, mais il a reçu la reconnaissance du vrai Ron Kovic, qui lui a offert, pour sa « performance héroïque », sa médaille de guerre, la Bronze Star. « C’est la plus belle récompense que je recevrai dans ma vie », l’a remercié́ l’acteur, en larmes.
Né un 4 juillet, dimanche 1er juin à 21h00 sur Arte