Mon nom est Personne (C8) – L’ultime western d’Henry Fonda

Publié le 22 juillet 2024 à 12:22
RAFRAN CINEMATOGRAFICA
En 1973, Sergio Leone, l’homme qui a fait souffler un vent nouveau à l’Ouest, faisait ses adieux au western avec cette parodie, entre classicisme et spaghetti.

Un as de la gâchette, ancienne gloire de l’Ouest, aspire à un repos mérité. Pour cela, il lui faut récupérer la part d’un butin qui lui a injustement échappé. Mais un mystérieux desperado se dresse sur son chemin…

Si Sergio Leone n’a pas dirigé cette comédie culte, qui vient de fêter ses 50 ans, il en a coécrit l’histoire et a choisi, pour la réalisation, son ancien assistant sur le film Pour une poignée de dollars, Tonino Valerii. Tous les codes du western spaghetti qu’il a inventés sont là : les gros plans de visages, la violence outrancière et une vision grinçante de la conquête de l’Ouest. Henry Fonda, héros des chefs-d’oeuvre du maître John Ford, que Leone avait transformé en méchant en 1968 dans  Il était une fois dans l’Ouest, revient cinq ans plus tard pour incarner sa propre légende. Il joue Jack Beauregard, as de la gâchette vieillissant, vénéré par un jeune vagabond malicieux. 

Comme Ulysse triomphant du Cyclope dans L’Odyssée d’Homère, rusant pour échapper à la colère des dieux, son admirateur prétend que son nom est Personne. L’Italien Mario Girotti, alias Terence Hill, va devenir une star mondiale grâce à ce rôle. Même regard bleu ciel que Fonda, sourire étincelant et agilité due à la pratique de la gymnastique et de la boxe. « Sergio a imaginé mon personnage comme un hippie de l’époque, qui profite des joies de la vie sans se faire de soucis », explique Hill. L’émouvant passage de relais entre lui et l’icône américaine reflète la réalité. Dans la fiction, le fan organise l’affrontement de Beauregard avec cent cinquante cavaliers pour le transformer en mythe, et ce sera là l’ultime western d’Henry Fonda, qui disparaîtra en 1982. Parmi les clins d’oeil savoureux, on notera le nom de Sam Peckinpah (réalisateur de La Horde sauvage) sur une tombe et la carabine courte de l’un des pistoleros, arme iconique de Josh Randall, le chasseur de primes joué par Steve McQueen dans la série Au nom de la loi. Malgré son demi-siècle et quelques gags un peu lourds, le bonheur, au son de la partition géniale de Morricone, c’est ici et maintenant. 

Mon nom est Personne, lundi 22 juillet à 21h10 sur C8

Par
Pascal Pinteau