Octobre 2016, caserne de Bram, ville de 3 000 habitants située dans l’Aude. Casque blanc vissé sur la tête et combinaison ignifugée, une jeune femme tente de diriger sa lance à incendie vers un feu. L’exercice d’entraînement est éprouvant : avec la pression, qui va crescendo, tenir le canon à eau exige une solide poigne. En sueur, elle retire son casque. On reconnaît l’actrice Émile Dequenne, qui souffle : "En arrivant chez les pompiers, les femmes doivent toujours prouver qu’elles en font plus." Sous la direction de Pierre Jolivet, la comédienne incarne Bénédicte, une adjudant-chef originaire du Nord, affectée dans une caserne du sud de la France. Sous les ordres de Philippe, son commandant (Roschdy Zem), cette maman d’un petit garçon va découvrir le monde, très machiste, des soldats du feu, où les femmes doivent lutter âprement pour être reconnues et respectées…
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Stage pompier en Corse
Pierre Jolivet a voulu tourner son drame comme un documentaire. C’est pourquoi il a investi une authentique caserne désaffectée, avec de vrais camions de pompiers, équipés du matériel de secours dernier cri. Quant aux acteurs, ils sont entourés de professionnels qui jouent, à l’image, leurs propres rôles. "Je voulais montrer le parcours courageux des 15 % d’éléments féminins qui embrassent cette profession en France", explique le réalisateur. Pour que son héroïne soit crédible lors des séquences d’interventions, le metteur en scène a exigé qu’elle suive, avant le tournage, une formation d’un mois sur le terrain au sein d’une brigade. Émilie Dequenne se souvient : "Le problème ? J’étais en vacances en Corse, avec mon mari et ma fille. Pas question d’y renoncer. Pierre Jolivet a obtenu que j’intègre une équipe de pompiers à Porto- Vecchio." L’actrice se confronte alors aux nombreux départs de feu, terribles et souvent d’origine criminelle, qui ravagent chaque été cette région très touristique. Elle découvre, admirative, l’engagement total des soldats du feu corses, prêts à mourir pour sauver des flammes un camping. Toujours à la demande du réalisateur, elle prend une dizaine de kilos, afin de renforcer sa présence physique au milieu d’hommes sportifs et surentraînés.
Un équipement très lourd
Lors du tournage, où Émilie Dequenne est coachée par Marion, une élève pompier de 22 ans, la comédienne est mise à rude épreuve : "Lors d’une scène d’incendie dans les environs de Carcassonne, il faisait plus de 30 °C. Près des flammes, je n’arrivais plus à respirer et j’avais l’impression de cuire. Entre les prises, il m’est souvent arrivé de prendre des bouffées d’oxygène pour pouvoir tenir le coup." Autre dure réalité à laquelle elle est confrontée, le poids des équipements de protection, qui dépasse les 15 kilos : bouteilles, casque, combinaison, masque et claie de portage dans le dos. Mais, par sa ténacité et son courage, Émilie Dequenne force l’admiration de tous les secouristes présents à ses côtés : "Ils m’ont appris que lorsque la sonnerie retentit, il n’y a plus de femmes ni d’hommes, mais seulement des pompiers unis par la même mission : sauver des vies."
Les hommes du feu, est à voir mardi 19 avril à 21.15 sur C8
Jean-Baptiste Drouet