Le Test (France 2) – Alexandra Lamy : « Annie m’a fait penser au personnage de Bree, dans la série Desperate Housewives »

Publié le 16 juin 2024 à 12:08
MARIE-CAMILLE ORLANDO/ APOLLO FILMS/FRANCE 3 CINÉMA
Dans cette savoureuse « dramédie », l’actrice excelle en mère au foyer psychorigide, qui a le chic pour mettre les siens H 24 au bord de la crise de nerfs.

La perfection faite femme. Voilà l’ambition d’Annie. Épouse d’un médecin de province, mère de quatre enfants (trois ados et un pitchoune), bientôt quinqua, elle a un quotidien réglé comme du papier à musique. Et la partition, rien d’étonnant, est ultra-chargée, en mode allegro ! En toute circonstance, Annie affiche un tonus olympique. Zéro coup de mou toléré, pour elle, et les siens, dont elle doit « tout savoir ! ». Control addict et carrément invasive, super-maman n’en a même pas conscience. L’intimité : quèsaco ? Et quand ça tangue, que la photo se craquelle, elle fait sienne la devise de la reine d’Angleterre, « Ne jamais s’expliquer, ne jamais se plaindre ». Quoi qu’il arrive, on sauve les apparences.

Mais lorsque Annie découvre, dans la salle de bains, un test de grossesse positif, l’armure se fend façon puzzle. « Au fil de son enquête, ce test va agir comme un révélateur et mettre Annie face aux petits secrets de ses enfants et de son mari, mais aussi face à ses propres questions de femme. Finalement, c’est un test pour tout le monde », explique Emmanuel Poulain-Arnaud, le réalisateur de cette comédie familiale douce-amère, où le rire se partage avec l’émotion d’une réflexion profonde. 

UN CASTING AUX PETITS OIGNONS 

Pour incarner cette mère aussi étouffante qu’attendrissante, le cinéaste ne voyait qu’Alexandra Lamy : « Dans une même scène, elle parvient à trouver des milliers d’émotions qui donnent au personnage sa flamboyance, son énergie, sa fragilité, sa drôlerie, sa dureté. En restant dans la vérité. » Le Test, pour l’actrice, a une place à part. « La première semaine, j’étais un peu perdue, il m’a fait abandonner tous mes codes et mes techniques de jeu et m’a appris à moins tout jouer. Il m’a bousculée, et j’ai adoré. Je me suis délestée du savoir-faire pour atteindre un véritable lâcher-prise. Et c’est peut-être la première fois que je vais tant chercher en moi. » 

L’écriture est brillante. Tous les personnages existent, et les jeunes comédiens excellent, si bien que l’on croit d’emblée à cette famille menacée d’implosion. À l’écran, Alexandra a troqué le blond platine pour le roux. C’est peut-être un détail, mais pour elle, cela veut dire beaucoup : « Annie m’a fait penser au personnage de Bree, dans la série Desperate Housewives. Quel bonheur de jeu ! » Et dans le rôle du mari gériatre, le calme au côté de la tornade, c’est l’incomparable Philippe Katerine, grand fan de sa partenaire : « Alexandra est une Rolls ! C’est une technicienne hors pair, tout paraît simple. C’est extraordinaire de la voir passer d’une émotion à l’autre en une seconde. » L’admiration est réciproque. « Je voudrais être la Claude Gensac de Philippe. Être sa femme dans plein de films, comme elle l’était avec Louis de Funès. Philippe, c’est un bonheur. C’est un vrai gentil. Ça fait tellement de bien ! Il voudrait créer un gouvernement de « Mignonisme » et m’a demandé d’être sa Première ministre ! » On vote pour eux !

Le test, dimanche 16 juin à 21h10 sur France 2

JULIEN BARCILON 

Par
Julien Barcilon