Le Monde de Narnia (W9) : Pourquoi Disney n’y croyait pas du tout ?

Publié le 18 mars 2021 à 15:21
PRODUCTION / WALDEN MEDIA / DISNEY
745 millions de dollars de recettes dans le monde pour le premier chapitre du Monde de Narnia! Pourtant, Disney a bien failli ne jamais produire ce conte féerique. Explications.

"Impossible ! Ou beaucoup trop cher pour nous. Et puis, on ne filme pas l’imagination, on la vit intérieurement." Nous sommes en 1985, dans les studios de Walt Disney, à Hollywood. D’un ton qui ne souffre pas la contestation, Michael Eisner, le tout-puissant patron, vient de balayer l’idée d’adapter au cinéma Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique, la première des sept Chroniques de Narnia (titre original). Publié en 1950 par l’Irlandais Clive Staples Lewis, professeur de littérature médiévale à Oxford, ce conte fantastique raconte comment, au cours d’une partie de cache-cache, quatre frères et sœurs découvrent, dans une armoire, un passage secret vers un monde magique. En poussant une mystérieuse porte, les enfants se retrouvent ainsi dans l’univers fantastique de Narnia, plongé dans un hiver éternel par une sorcière…

L’effet Harry Potter

Difficile de mettre en images les décors montagnards féeriques, les lions, les loups et les batailles épiques entre minotaures et cyclopes, imaginés par le romancier… Mais, contre toute attente, vingt ans plus tard, les mêmes studios Disney mettent 150 millions de dollars sur la table pour l’adaptation. Il faut dire qu’entre-temps, la Warner a explosé le box-office, dès 2001, en adaptant Les Aventures de Harry Potter, d’une certaine J.K. Rowling… Par millions, les enfants se détournent des héros de Disney pour un jeune sorcier à lunettes… Michael Eisner fulmine et hurle à ses collaborateurs : "La Warner est en train de nous plumer ! Cap sur le fantastique : adaptons Les Chroniques de Narnia au plus vite !" Disney choisit Andrew Adamson, un cinéaste néo-zélandais qui a déjà fait ses preuves en réalisant Shrek. Maître des effets spéciaux, il est aussi un vrai fan des contes de Lewis, qu’il a dévorés dès l’âge de 8 ans. Réaliste, Adamson lâche : "Je vais devoir relever deux défis : trouver les bons enfants et faire vivre les animaux à l’image."

Les émotions du lion Aslan

Pour dénicher les quatre jeunes héros, le réalisateur fait appel à Pippa Hall, directrice de casting spécialisée dans les juniors. Cette pointure mondiale a déjà trouvé le jeune acteur de Billy Elliot. Elle sillonne trois cents écoles de Grande-Bretagne, auditionne quelque deux mille gamins et boucle son quatuor d’ados en six mois : un record. Deuxième gageure : donner vie au lion Aslan, animal-clé du film, et aux fameux loups, d’une férocité impressionnante. En bon patriote, Andrew Adamson confie cette délicate mission aux studios néo-zélandais Weta, qui ont déjà créé les effets spéciaux du Seigneur des anneaux. Travaillant d’arrache-pied jour et nuit durant un an, les graphistes mettent au point un lion virtuel capable de montrer ses émotions. Pour les loups, la tâche est encore plus difficile, car il faut mêler des images de synthèse à celles de vrais animaux en action. Les dessinateurs de Weta réalisent un véritable exploit. Rassuré quant à la crédibilité des trucages, Andrew Adamson peut enfin démarrer son tournage, en juin 2003, dans les somptueux paysages de la Nouvelle-Zélande…

Le Monde de Narnia – chapitre 1 : le lion, la sorcière blanche et l’armoire magique : jeudi 18 mars à 21h05 sur W9

 Jean-Baptiste Drouet

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