Rares sont les comédiens qui tentent de dissuader un réalisateur de leur confier un rôle principal. Christian Bale est de ceux-là. Quand James Mangold lui propose d’incarner le légendaire pilote Ken Miles, l’acteur vient de tourner Vice, le biopic sur Dick Cheney. Comme il avait pris une trentaine de kilos, Christian Bale lui a conseillé de choisir quelqu’un d’autre : "Je n’entrais pas dans la voiture!" Mais la star ne pouvait pas passer à côté d’un tel personnage, icône des circuits des années 60, au caractère bien trempé. Ancien conducteur de char, le vétéran du D-Day était un peu tête brûlée : il avait si souvent côtoyé la mort… "Miles était un homme fascinant, pétri de contradictions. Dans le travail, c’était un vrai puriste, il ne renonçait jamais", explique Bale, réputé, lui aussi, pour son perfectionnisme maniaque. C’est pour cette raison, sans doute, que Carroll Shelby, le premier vainqueur américain des 24Heures, en 1959 (incarné par Matt Damon), l’a recruté pour mettre fin à l’hégémonie des Ferrari qui trustaient les podiums.
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Ford vs Ferrari
Parce que le tycoon Henry Ford II n’a pas réussi son OPA sur la Scuderia et rêve de voir l’arrogant Commendatore Enzo Ferrari mordre la poussière, il décide de le battre sur le terrain. Ce sera au Mans, en France, lors de la plus célèbre course d’endurance au monde. Comme Miles et Shelby, Bale et Damon s’admirent mutuellement. Entre ces deux géants de Hollywood, zéro duel d’ego, juste une ambition commune : tout donner pour faire le meilleur film. De passage à Paris, Damon nous confiait : "Christian est l’un de mes acteurs préférés. J’ai vu tous ses films, et j’avoue que j’étais très curieux d’observer son processus de création de près. Sa gentillesse, son humilité m’ont impressionné. Il est d’une discipline admirable." Une fois encore, Bale donne vie à son personnage, corps et âme. Et cela n’a rien d’une formule. Une telle intensité est si rare.
Le Mans 66 : dimanche 11 juin à 21h10 sur France 2
Julien Barcilon