Le Crime est notre affaire (France 3) : « Claude Rich ne supportait pas que Catherine Frot se permette de lui donner des conseils »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:24
StudioCanal
En 2008, le réalisateur Pascal Thomas s’inspirait d’une nouvelle d’Agatha Christie pour mettre en scène Le Crime est notre affaire, un thriller comique porté par Catherine Frot et André Dussolier, rediffusé ce mercredi 25 décembre, à 22h50 sur France 3. Il est revenu avec Télé 7 Jours sur ce tournage mouvementé.

En offrant le rôle de la détective Prudence Beresford à Catherine Frot, vous lui donnez, pour la quatrième fois, l’occasion de tenir l’affiche. Serait-ce votre actrice fétiche ?

Pascal Thomas : Sur le plan artistique, c’est vrai, je l’apprécie beaucoup. Catherine est une grande travailleuse. Je l’ai découverte en 1998 dans mon film La Dilettante. Elle a remplacé Valérie Lemercier, qui a refusé le rôle. À l’époque, elle avait déjà du succès au théâtre. Dans La Dilettante, elle a si bien incarné son personnage, avec son phrasé savoureux, que le film a été un énorme succès. C’est une comédienne qui a l’intelligence du jeu.

Pendant le tournage, comment qualifieriez-vous ses relations avec son partenaire, André Dussollier, qui incarne son mari, Belisaire Beresford ?

Ils sont différents, mais complémentaires : Catherine est une laborieuse. André, lui, joue très juste, il a une grande exigence avec lui-même, mais il est toujours un peu anxieux. La bonne idée du film fut de "franciser" ce couple d’Anglais raffinés et sérieux, imaginé par Agatha Christie dans Le Train de 16h50 (1957). Au lieu de boire du thé, ils picolent et s’adonnent sans retenue aux plaisirs de la gaudriole.

"Claude Rich s’est montré compliqué sur tournage"

De quelle façon dirige-t-on simultanément des acteurs aussi différents que Claude Rich, Annie Cordy, Chiara Mastroianni, Melvil Poupaud et Christian Vadim ?

Plutôt bien, car on formait une famille. Je connaissais Chiara, j’étais un ami de son père, Marcello Mastroianni. Annie Cordy est adorable : cette femme incroyable fait preuve d’une drôlerie et d’une inventivité rares. Elle aime follement la vie et propose sans cesse des idées épatantes. Claude Rich, lui, s’est montré plus compliqué : il ne supportait pas que Catherine Frot se permette, hors plateau, de lui donner des conseils… Quant à Melvil Poupaud, qui débutait, il fut délicieux à diriger.

C’est la troisième fois que vous adaptez une nouvelle d’Agatha Christie. Qu’est-ce qui vous attire tant, chez cette romancière ?

Je suis, depuis l’adolescence, un lecteur compulsif de ses romans, et les adapter au cinéma est un bonheur. J’ai chez moi une bibliothèque de 20 000 bouquins, dont ses œuvres complètes. J’adore son exceptionnelle clarté de style, et son univers unique, où la légèreté et l’humour côtoient le crime. La vie de cette écrivaine fut terrible : elle a mystérieusement disparu pendant quelques jours et souffrait d’arthrite, ce qui l’empêchait d’utiliser ses mains. Et bien, malgré toutes ces épreuves, cette femme profondément tourmentée a toujours écrit avec une impeccable clarté…

"Ces merveilleux décors sont montés à la tête d’une actrice capricieuse"

Les décors de votre film ont été installés dans quatre châteaux différents. Auriez-vous l’âme d’un châtelain ?

Moi, non. Mais les acteurs, oui ! Ces merveilleux décors sont montés à la tête d’une actrice capricieuse que je ne citerai pas. Elle a carrément exigé une loge spacieuse dans une chambre du château de Pupetières, en Isère… 

Par
Thierry Claude