Le Comte de Monte-Cristo (Canal+) – Pierre Niney : « À l’heure où les super-héros continuent de cartonner aux États-Unis, on a aussi les nôtres »

Publié le 3 janvier 2025 à 8:33
Entre Batman et le cinéma d’aventure, le classique d’Alexandre Dumas s’offre une cure de jouvence. Avec un Pierre Niney impérial, menant sa vengeance intemporelle.

Plus de 9,3 millions d’entrées au cinéma, un budget estimé à 43 millions d’euros, 150 heures de maquillage pour grimer Pierre Niney… Colossal, Le Comte de Monte- Cristo ! On n’en attendait pas moins de cette adaptation du roman d’Alexandre Dumas, auteur connaissant, ces derniers temps, un sérieux regain de popularité. Piloté par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte (réalisateurs du succès Le Prénom, en 2012, et scénaristes du dyptique Les Trois Mousquetaires, en 2023), le film raconte la célèbre histoire d’Edmond Dantès, emprisonné pendant quatorze longues années dans les geôles du château d’If pour un crime qu’il n’a pas commis. Devenu infiniment riche, il fait son retour sous différentes identités afin d’exercer sa vengeance sur ceux qui l’ont trahi… 

"Une relecture à la française du mythe du superhéros, Batman"

À la fois film d’aventure et thriller palpitant, Le Comte de Monte-Cristo est aussi une relecture à la française du mythe du super-héros, Batman en tête. « On y a pensé, sourit Pierre Niney, qui incarne avec brio ce personnage aux multiples visages. Il y a les masques, le changement d’identité. Tous deux ont connu l’injustice et ont des moyens colossaux. Et dans les deux cas, il y a la question de la légitimité : qui a le droit de suppléer la justice des hommes ? Ce que je trouvais excitant, c’était de montrer que, à l’heure où les super-héros continuent de cartonner aux États-Unis, on a aussi les nôtres. La différence, c’est qu’ils sont européens, donc plus cabossés, plus proches du diable, plus ambigus. » 

FLAMBOYANCE VISUELLE 

Pour en arriver là, le duo de cinéastes s’est arraché les cheveux sur le scénario. Extraordinairement touffu, le roman n’était pas adaptable tel quel : « Le Comte de Monte-Cristo, c’est 1 300 pages, soit entre 3 et 4 000 pages d’écriture scénaristique, quand un scénario en compte 140. C’est comme si l’on vous ouvrait une bibliothèque, en ne vous laissant choisir qu’un seul livre ! Un exercice passionnant mais vertigineux », confie Matthieu Delaporte. Avec son compère, ils passeront trois ans sur l’écriture et la préparation, coupant des passages entiers du livre et modifiant les personnages pour rajeunir le récit. Alexandre de La Patellière avoue : « Chez Dumas, le plan de vengeance de Dantès s’exerce sur de quasi inconnus. On a donc imaginé de nouvelles relations entre ces personnages pour instaurer quelque chose qui soit de l’ordre d’une fraternité brisée. »

L’histoire en ressort musclée, dans tous les sens du terme (les scènes d’action sont spectaculaires), et surtout intemporelle. À l’aise dans son époque, ce Monte- Cristo pioche pourtant sa fougue visuelle dans les grosses productions des années 50 à 70. « On voulait renouer avec une forme de flamboyance. J’ai des souvenirs d’enfant très forts de films en Technicolor, comme Les Chaussons rouges ou Lawrence d’Arabie. C’était important de revenir à ces images de cinéma qui m’ont procuré un immense plaisir de spectateur. » Juste retour aux sources. 

Voir Le Comte de Monte-Cristo en streaming :

FRANÇOIS LÉGER 

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