Pologne, 1924. Nina, couturière juive en butte aux humiliations, se bat chaque jour pour survivre. Sa revanche, ce sera son fils : il sera un grand homme, un séducteur et un écrivain célèbre…
« Je fis alors la promesse de redresser le monde et de le déposer aux pieds de ma mère », écrit Romain Gary dans son roman. Sa détermination à devenir un grand homme et un écrivain célèbre, c’est à Mina, sa mère, qu’il la doit. Charlotte Gainsbourg, habituée à des rôles de femmes évanescentes, délicates, fait preuve d’une rugosité inattendue dans la peau de cette génitrice dévorante. Elle s’est approprié le personnage en pensant à sa grand-mère : « J’ai fait un amalgame entre Mina et la mère de mon père, Olga Ginsburg. Je me suis servie de tout ce dont je me souvenais d’elle. » Mais quel corps donner à cette femme qui travaille sans s’économiser, marche dans la neige de Wilno (Vilnius, en Lituanie, la ville natale de Romain Gary), fume comme un pompier ?
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Trop fine pour lui ressembler, Charlotte a eu recours à des perruques et des prothèses. « Elle voulait des seins, des hanches, des cheveux filasse, précise le réalisateur. Elle est devenue Mina, ou plutôt l’inverse : Mina s’est emparée de Charlotte. » Il faut la voir hurler à son fils chéri : « La prochaine fois qu’on insultera ta mère, je veux qu’on te ramène sur un brancard… » Sans la « folie » de l’actrice, cette fresque, qui retrace vingt ans de la vie de l’auteur, de son enfance en Pologne à ses exploits d’aviateur pendant la Seconde Guerre mondiale, aurait été trop sage.
La promesse de l’aube, lundi 10 avril à 21h10 sur France 3
Isabelle MAGNIER