La promesse de l’aube (France 3) – Charlotte Gainsbourg s’est inspirée de sa grand-mère pour son rôle

Publié le 10 avril 2023 à 15:11
Nicolas VELTER - © Jerico / Pathé Films / TF1 Films Production / Nexus Factory / Umedia / Lorette Cinéma
Dans cette adaptation par Éric Barbier du roman de Romain Gary, l’actrice incarne Mina, la mère de l’écrivain. Elle est transfigurée.

Pologne, 1924. Nina, couturière juive en butte aux humiliations, se bat chaque jour pour survivre. Sa revanche, ce sera son fils : il sera un grand homme, un séducteur et un écrivain célèbre…

« Je fis alors la promesse de redresser le monde et de le déposer aux pieds de ma mère », écrit Romain Gary dans son roman. Sa détermination à devenir un grand homme et un écrivain célèbre, c’est à Mina, sa mère, qu’il la doit. Charlotte Gainsbourg, habituée à des rôles de femmes évanescentes, délicates, fait preuve d’une rugosité inattendue dans la peau de cette génitrice dévorante. Elle s’est approprié le personnage en pensant à sa grand-mère : « J’ai fait un amalgame entre Mina et la mère de mon père, Olga Ginsburg. Je me suis servie de tout ce dont je me souvenais d’elle. » Mais quel corps donner à cette femme qui travaille sans s’économiser, marche dans la neige de Wilno (Vilnius, en Lituanie, la ville natale de Romain Gary), fume comme un pompier ? 

Trop fine pour lui ressembler, Charlotte a eu recours à des perruques et des prothèses. « Elle voulait des seins, des hanches, des cheveux filasse, précise le réalisateur. Elle est devenue Mina, ou plutôt l’inverse : Mina s’est emparée de Charlotte. » Il faut la voir hurler à son fils chéri : « La prochaine fois qu’on insultera ta mère, je veux qu’on te ramène sur un brancard… » Sans la « folie » de l’actrice, cette fresque, qui retrace vingt ans de la vie de l’auteur, de son enfance en Pologne à ses exploits d’aviateur pendant la Seconde Guerre mondiale, aurait été trop sage.

La promesse de l’aube, lundi 10 avril à 21h10 sur France 3

Isabelle MAGNIER 

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