Jurassic World (TFX) – Comment Colin Trevorrow a réussi à renouveler la franchise de Steven Spielberg

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:46
Pas facile de succéder à Steven Spielberg et au roman visionnaire de Michael Crichton ! Colin Trevorrow a su prolonger la saga en respectant son ADN

La bonne idée 

En 2001, le succès de Jurassic Park 3 incite Spielberg à développer un nouvel opus avec des créatures mi-humaines mi-dinosaures. Mais ce concept délirant est abandonné. Tout change quatorze ans plus tard, lorsque Colin Trevorrow suggère d’inverser le postulat original, en présentant un parc Jurassic World ouvert depuis dix ans avec succès et en toute sécurité. Pour corser l’intrigue, il ajoute la création, en labo, d’un dinosaure hybride, l’Indominus Rex, destiné à attirer plus de visiteurs, mais qui devient incontrôlable… Épaté par l’idée, Spielberg lui confie la franchise en toute confiance.

Pour jouer les nouveaux héros – Owen Grady, le dresseur de vélociraptors, et la scientifique, Claire Dearing –, le réalisateur engage Chris Pratt, la star des  Gardiens de la Galaxie, et Bryce Dallas Howard, révélée par Le Village, de M. Night Shyamalan. Il confie à Omar Sy le rôle de Barry, le pote d’Owen. Échaudé par X-Men : Days of Future Past, où sa prestation a été réduite à de la figuration, Omar est vigilant : « Je voulais assumer que Barry soit français. Colin n’a pas cherché à l’américaniser et, au final, il l’a inclus dans plus de scènes. » 

Un bestiaire renouvelé

Les décors de la rue principale du film sont construits dans les structures d’un parc à thème de La Nouvelle-Orléans ravagé par l’ouragan Katrina, en août 2005. Le tournage a lieu aussi dans l’archipel d’Hawaï, sur l’île d’Oahu, pour les scènes avec les gyrosphères imaginées par Spielberg, des bulles transparentes motorisées permettant d’approcher les dinosaures (les gyrosphères et les décors, laissés sur place, sont devenus des attractions locales, ndlr). Le grand absent du film est Richard Attenborough, disparu en août 2014, qui devait reprendre le rôle du fondateur du parc, John Hammond. La réalité rejoignant la fiction, la mort de Hammond est intégrée au script !

Pour renouveler le bestiaire du parc, Trevorrow fait jaillir un mosasaure d’un bassin, happant un grand requin blanc, allusion réjouissante aux  Dents de la mer… d’un certain Spielberg ! Il arrose les deux cents figurants assis dans l’arène avec des lances à incendie pour simuler la giga éclaboussure du reptile retombant dans l’eau. « Mon moment préféré du tournage ! », dira-t-il en riant. 

Si Chris Pratt et Omar Sy réalisent des cascades à moto, Bryce Dallas Howard, elle, s’entraîne à courir avec des chaussures à talons hauts, que Claire Dearing garde pendant tout le film, même quand un T-Rex la poursuit ! Elle en usera vingt paires : « C’était mieux que d’avoir à courir pieds nus dans la jungle ! » Grâce à la réalisation inspirée de Trevorrow, cet opus reboot, qui a coûté 150 millions de dollars, génère 1,6 milliard de recettes au box-office mondial, ouvrant la voie à  Jurassic World : Fallen Kingdom, en 2018, et Jurassic World : Le Monde d’après, en 2022. Aujourd’hui, Gareth Edwards a pris le relais et dirige actuellement Scarlett Johansson dans Jurassic World : Renaissance, prévu pour juillet 2025.

Jurassic World : jeudi 1é décembre à 21h05 sur TFX

PASCAL PINTEAU 

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