À la recherche du temps perdu
« Lors des repas de famille, mon père me racontait qu’il y avait, dans le Piémont, en Italie, un village qui s’appelait Ughettera, où tous les habitants portaient le même nom que nous. À sa mort, je suis allé voir si ce village existait », raconte le réalisateur, Alain Ughetto. De cette quête intime, il a tiré ce film d’animation ultra touchant. Il a fallu neuf ans de travail pour façonner ce diamant pur, plusieurs fois primé.
Du fait-main
Dans son atelier, Alain Ughetto a tout fabriqué : décors, personnages en résine d’une vingtaine de centimètres… avec beaucoup de matériaux collectés au village : « J’ai ramassé tous les objets qui faisaient leur quotidien, du charbon de bois, des brocolis, des châtaignes… Nous avons reconstruit ce monde disparu. » Le résultat est d’une poésie inouïe.
De l’intime à l’universel
Pour raconter l’histoire des siens, migrants italiens chassés par la misère ou le fascisme, qui se sont installés en France, le réalisateur a imaginé un dialogue avec sa « mémé », Cesira, disparue quand il avait 12 ans. « En écho avec aujourd’hui, je voulais évoquer comment, à cette époque, on accueillait tous les étrangers. C’est un film témoignage, mais avant tout un film d’amour. »
Interdit aux chiens et aux Italiens, jeudi 12 juin à 21h00 sur France 4