Des deux supermonstres, King Kong, créé en 1933 par Merian C. Cooper et Ernest B. Shoedsack, est le vétéran, tandis que Godzilla crache un feu nucléaire et détruit tout sur son passage depuis 1954, symbolisant les ravages des bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki, en 1945. Les titans s’étaient déjà affrontés en 1962, dans King Kong contre Godzilla, réalisé au Japon, avec les trucages de l’époque : les acteurs, vêtus de costumes en mousse, piétinaient des maquettes d’immeubles au charme naïf. Dans cette nouvelle version de 2021, les monstres et leurs destructions XXL sont créés en images de synthèse époustouflantes. Ainsi, le film s’ouvre sur Godzilla s’appliquant à réduire en miettes une base secrète d’Apex Cybernetics. Cette organisation veut contrôler la source d’énergie du lézard, qu’elle soupçonne de provenir des entrailles de la planète, dans un monde inexploré (baptisé la Terre creuse), à la gravité inversée et peuplé d’énormes créatures.
DES GÉANTS ET DES HUMAINS
Si les deux géants restent intéressants à suivre entre leurs combats, c’est parce que le réalisateur, Adam Wingard (Blair Witch, 2016), les lie à des scientifiques qui tentent de les comprendre et de les protéger. Pour l’acteur suédois Alexander Skarsgård, ce film à très grand spectacle tombe à pic, après les rôles émotionnellement épuisants qu’il a tenus dans les séries Big Little Lies et The Little Drummer Girl, respectivement consacrées aux violences domestiques et au conflit israélo-palestinien. Il raconte : « J’incarne Nathan Lind, un géologue qui a perdu son frère lors d’une mission d’exploration à la recherche du mystérieux monde souterrain. C’est un homme brisé. Plus personne ne croit à ses théories, alors qu’il a raison… Quand on m’a dit que Godzilla et Kong s’affronteraient sur un porte-avions, ça s’annonçait délirant et jouissif. Et je n’ai pas été déçu ! »
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En effet, lorsque Godzilla passe à l’attaque, le navire sur lequel Kong est enchaîné chavire. Nathan plonge dans le poste de commande immergé, pour sauver Kong. Une cascade plus complexe que prévu : « Des plongeurs équipés de bouteilles d’oxygène étaient cachés dans le décor pour assurer ma sécurité. Mais, à deux reprises, j’ai oublié par où je devais passer pour sortir de cet espace, alors que j’étais à bout de souffle ! Après ces frayeurs, tout s’est bien passé. » L’actrice anglaise Rebecca Hall a été séduite par le rôle d’Ilene Andrews, une scientifique de l’organisation Monarch, qui surveille Kong. Ilene a de la tendresse pour le singe, tout comme sa fille adoptive, Jia, sourde de naissance, jouée par Kaylee Hottle, elle-même malentendante. « J’ai appris la langue des signes américaine, explique Rebecca Hall. C’est une forme d’expression tellement belle que j’ai décidé de poursuivre l’apprentissage pour me perfectionner. » Ilene et Jia seront d’ailleurs de retour dans la suite, Godzilla x Kong : The New Empire, qui doit sortir en mars 2024.
Godzilla vs Kong, dimanche 11 juin à 21h10 sur TF1
PASCAL PINTEAU