George Clooney (En pleine tempête, Arte) : « On coulait à pic. Je ne peux pas vous décrire l’angoisse qui vous envahit »

Publié le 16 avril 2023 à 13:07
Baltimore Spring Creek Produc
Au large, la nature n’a jamais pitié : plongez au coeur d’un ouragan, avec l’équipage d’un chalutier. C’est l’expérience immersive que vous réserve ce film catastrophe diffusé ce soir sur Arte .

“J’étais loin de me douter que ce boulot était l’un des plus dangereux au monde" George Clooney n’oubliera jamais le tournage épique d’En pleine tempête, inspiré par la tragédie de l’Andrea Gail, un chalutier de 22 mètres, qui a été porté disparu, avec son équipage, le 31 octobre 1991, victime d’un coup de tabac, considéré comme « la tempête du siècle ». À la barre de ce film catastrophe, la Warner a placé un « vieux loup de mer », l’Allemand Wolfgang Petersen, le réalisateur du mémorable Le Bateau (1981), une plongée au coeur d’un sous-marin du IIIe Reich, pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette fois, le cinéaste adapte le best-seller du journaliste Sebastian Junger, The Perfect Storm, relatant la dernière campagne de pêche à l’espadon des six marins originaires de Gloucester, un petit port du Massachusetts. « L’eau est l’élément le plus difficile à fabriquer par images de synthèse », explique Petersen, qui a confié au studio ILM, de George Lucas, la mission de recréer la tempête en pixels. Le résultat, fondu au coeur de vrais éléments déchaînés, recréés en studio, est saisissant. 

“UNE ÉNORME CASCADE !” 

Un bassin de 1 000 m2, d’une profondeur de 7 mètres, a servi pour les scènes les plus folles, avec une réplique exacte du chalutier. Six ventilateurs, autant de canons à eau géants et une machine à vagues nous immergent au coeur de l’ouragan. Clooney, qui, pour incarner le capitaine Billy Tyne, a appris à manoeuvrer un bateau, se souvient : "Le film entier était une énorme cascade. Les scènes étaient parfois si violentes que des plongeurs étaient chargés de nous récupérer lorsque nous passions pardessus bord." À ses côtés, dans cette galère, Mark Wahlberg et John C. Reilly ont pris cher, également. "Mark avait le mal de mer et vomissait après chaque réplique", balance captain Clooney, qui a mouillé la chemise comme jamais : "Le plus dur, pendant les six mois de tournage, était de prendre des litres d’eau glacée en pleine figure et d’être trempé en permanence." 

Pour la scène finale, les infographistes ont créé une vague scélérate de 50 mètres de haut. Mais, en studio, ce fut homérique pour les comédiens. "Le bateau s’est complètement retourné. Nous sommes restés coincés avec Mark dans la cabine. L’eau s’y engouffrait avec une force incroyable. On coulait à pic, la tête en bas. Je ne peux pas vous décrire l’angoisse qui vous envahit alors, et j’ai du mal à m’imaginer ce qu’a réellement dû ressentir l’équipage", racontait la star, à Paris Match. Physiquement costaud, le tournage s’est révélé plus éprouvant encore sur le plan psychique, pour Clooney. Il n’est pas anodin d’incarner un héros mort récemment : "C’est comme pénétrer son âme et vivre sa vie. C’est une expérience inoubliable… " Et de confier à Télé 7 Jours, à la sortie du film : "J’ai rencontré ses deux filles et son ex-femme. Mais, c’est surtout sa soeur qui m’a aidé. Elle est venue plusieurs fois sur le tournage… pour retrouver un peu son frère. Elle m’a serré fort dans ses bras, et j’avoue qu’elle m’a transmis une vraie force émotionnelle." C’est précisément ce qui nous chavire.

En pleine tempête, dimanche 16 avril à 20h50 sur Arte. 

JULIEN BARCILON 

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