François Civil (Mon inconnue) : « C’était la première fois que j’avais l’occasion de jouer un vrai connard »

Publié le 25 juin 2023 à 12:36
© 2019 Zazi Films / Mars Cinéma / Mars Films / Chapka Films / France 3 Cinéma / C8 Films / Belga Productions
Récompensé par le Prix d’interprétation au Festival de l’Alpe d’Huez en 2019, l’acteur excelle dans cette comédie sentimentale teintée de fantastique.

Vous investissez pour la première fois le registre de la comédie romantique : qu’est-ce qui vous a donné envie d’incarner ce Raphaël ? 

François Civil : Il y a plein de raisons… La première, c’est Hugo Gélin, qui est un ami dans la vie et un réalisateur dont j’admire le travail. Dans tous ses films (Comme des frères, Demain tout commence, ndlr), il parle de sentiments avec beaucoup de justesse, d’humour et de profondeur. Le fait qu’il m’offre le rôle principal m’a rendu extrêmement heureux, et je suis tombé amoureux de cette histoire. Ses inspirations anglo-saxonnes et cette espèce de twist surnaturel, au coeur du scénario, m’ont séduit. C’est rare, dans le cinéma français, de voir un personnage projeté dans une vie parallèle qui n’est plus la sienne, et dans laquelle il a perdu l’amour de sa vie. Il se retrouve dans des situations d’ironie dramatique où le spectateur en sait plus que lui, tandis qu’il se prend râteau sur râteau. C’était la promesse d’une grande comédie sentimentale, mais aussi d’un chouette film sur l’amitié. 

Avec Joséphine Japy, votre partenaire, vous êtes absolument craquants… Avez-vous ressenti cette alchimie magique ? 

Totalement ! Joséphine a une grâce naturelle, une présence, une légèreté, l’oeil qui pétille et une intelligence rare. Tout cela transparaît à l’image : c’est un combo imparable ! En amont du tournage, nous avons pris soin de cultiver une complicité. Hugo a organisé un week-end à Prague, pour que l’on apprenne à se connaître en relisant le scénario. Il a emporté une caméra et volé des images, qui sont d’ailleurs dans le film, comme la scène de la baignoire. Quand on ne se connaît pas, c’est délicat, mais ce fut une bonne manière de briser la glace et de se débarrasser d’une certaine pudeur ! 

Il y a un autre couple dans le film : celui que vous formez avec Benjamin Lavernhe… 

Il était important pour Hugo d’avoir une vraie dimension de comédie, et ce personnage de Félix, joué avec génie par Benjamin, apporte beaucoup d’humour. Que ce soit en amour ou en amitié, Mon inconnue s’attache à montrer comment, sur une dizaine d’années, on se construit aussi dans le regard des autres. Dans la vie, Benjamin est l’un de mes meilleurs amis, comme Hugo, Pierre Niney, Jonathan Cohen et Igor Gotesman. Je porte un soin particulier à l’amitié. Les amours, j’y crois très fort, mais ça peut s’arrêter, tandis que l’amitié, qui s’entretient elle aussi, peut durer toute la vie.

Chaque rôle est l’occasion d’une rencontre avec soi-même », dites-vous. Quelle part d’inconnu avez-vous découverte sur ce tournage ? 

Le film évoque les sirènes du succès et de la notoriété. C’était la première fois que j’avais l’occasion de jouer un vrai connard. Pendant une partie du film, Raphaël s’oublie et oublie ceux qui l’entourent. Il devient imbu de lui-même, 100 % puant. C’était très intéressant à explorer et, forcément, ça fait réfléchir, même si je ne suis pas comme lui. Après le tournage, j’ai renoué avec des gens que j’aime beaucoup, mais que je perdais de vue. Quand je serai invité un jour sur le plateau de Laurent Delahousse, comme mon personnage, au moins, je saurai, c’est mon repère : ne jamais agir comme lui ! 

Mon inconnue, dimanche 25 juin à 21h10 sur C8

INTERVIEW JULIEN BARCILON 

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