Dany Boon (Supercondriaque) : « Quand j’ai 38,5 de fièvre, je me considère à l’article de la mort ! »

Publié le 9 juillet 2023 à 13:27
jean-claude lother
Pour sa quatrième réalisation, Dany Boon taille un costard sur mesure à son hypocondrie. Une névrose carabinée, qu’il soigne avec une bonne dose d’humour.

Quand j’ai 38,5 de fièvre, je me considère à l’article de la mort !" Dany Boon plaisante à peine quand il évoque son hypocondrie XXL : "La psychanalyse m’a aidé, non pas à résoudre ce problème, mais à mieux vivre avec et à en rire", confie-t-il. À défaut d’en être guérie, la star parvient à l’exorciser en nous offrant cette savoureuse comédie populaire, diffusée à 21h15 sur TMC. "On fait mieux rire les autres à travers soi", confie l’artiste, qui a mis beaucoup de lui-même dans cette farce « personnelle et sincère ». L’autodérision est à la barre et Dany livre un formidable numéro d’acteur. Au fait, a-t-il identifié l’origine de cette névrose ? "Il y a la peur de la mort, et, pour moi, c’était aussi une manière de refuser le succès. Il y a eu une période où, venant d’un milieu pauvre, j’avais honte de gagner plus d’argent que mes parents. Ma mauvaise conscience s’exprimait ainsi", nous explique-t-il, très sérieusement. Avant d’ajouter : "Finalement, ma propension à m’inventer des maladies m’a protégé. Notamment des travers que l’on peut connaître dans le show-business : les sorties, la drogue, l’alcool. Quand j’ai débuté, au moindre coup de mou, des gens me proposaient des substances. Je leur disais : “Je préfère jouer fatigué !”"

Un très grand malade imaginaire

Dans Supercondriaque, Dany incarne Romain Faubert, un très, très grand malade imaginaire. Le comble : il est photographe pour un dictionnaire médical ! Romain est un cas clinique. Plus hypocondriaque que lui, tu meurs ! Phobique des microbes, accro aux médocs et au gel hydro-alcoolique (Dany a toujours sa bouteille en poche !), ce quadra vit un enfer au quotidien. Pas d’enfant, zéro vie sentimentale (et pour cause, embrasser une fille est un calvaire, trop de germes à l’horizon !), ce grand névrosé n’a qu’un « ami » : son toubib, le docteur Dimitri Zvenka. L’ami Kad Merad interprète le médecin qui, harcelé par son plus fidèle patient, est au bord de la crise de nerfs. Son ultime ordonnance : un plan pour s’en débarrasser. Dany aussi connaît le numéro de ses médecins par cœur, et certains sont devenus ses amis. Six ans après Bienvenue chez les Ch’tis, les retrouvailles avec Kad étaient très attendues. "Il y a une générosité commune et une envie de voir l’autre être drôle. On aime se surprendre ", explique Dany. Et Kad d’ajouter : "Nous n’avons pas voulu reformer à tout prix le duo des Ch’tis. Je n’aurais pas accepté s’il n’y avait pas eu une bonne raison de se retrouver autour de véritables scènes de comédie."

5,3 millions de spectateurs

Leur numéro de duettistes est irrésistible : il a séduit 5,3 millions de spectateurs dans l’Hexagone. Soit la deuxième place au box-office 2014, derrière Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? (12,2 millions). Pas trop malade d’avoir été ainsi battu ? "Si c’était par un film américain, cela m’aurait agacé ! Mais là, je suis ravi que ce soit, en plus, une comédie avec un message fédérateur, qui dit que toutes les communautés peuvent vivre ensemble", avoue Dany, beau joueur. Comme dans tous ses films, la romance accompagne la rigolade. L’amour est d’ailleurs ici le remède miracle. C’est Alice Pol qui incarne celle par qui le bonheur arrive enfin dans la vie du héros… presque soigné ! Selon Dany, qui revendique son côté fleur bleue, la meilleure médecine, c’est l’amour.

Supercondriaquedimanche 9 juillet 21h10 sur TF1

Julien Barcilon

Par
Julien Barcilon