Est-il difficile de jouer seul face à soi-même ?
Benedict Cumberbatch : C’est curieux, en effet, d’être seul sur un plateau, sans un partenaire qui vous encourage et propose ses idées. Nous avons utilisé un grand moniteur HD, pour me permettre de me voir jouant mon double et de réagir face à lui.
Vous avez incarné Doctor Strange dans six films Marvel. Les tournages de ces superproductions vous surprennent-ils encore ?
Oui. J’ai été bluffé par la reconstitution des rues de New York par notre chef déco. Tout semblait vrai, des trottoirs aux vitrines des magasins. La boutique de plats à emporter, remplie d’aliments factices, me donnait faim ! Mais, à l’intérieur, la profondeur ne dépassait pas 1m50, et l’arrière-boutique était une simple photo. Ce décor apparaît dans la scène où j’utilise ma cape de lévitation pour combattre un monstre. Quand j’étais suspendu à des câbles pour survoler ces rues de Manhattan, je voyais, au-delà des murs du studio, les embouteillages sur l’autoroute, et je me disais que j’avais de la chance de m’amuser en travaillant !
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Comment décririez-vous le terme de multivers ?
Cette théorie scientifique dit qu’il existe des réalités parallèles à la nôtre, dans lesquelles les gens et les événements sont différents. Pour ma part, je suis ravi d’exister dans une seule réalité. La vie est déjà assez compliquée comme ça !
Et si vous deviez choisir un superpouvoir ?
Sans hésiter, la capacité de Strange à ouvrir un portail magique pour se rendre d’un endroit à un autre en une seconde. Si j’adore les voyages contemplatifs en vacances, mon métier m’oblige à enchaîner les longs vols en avion. J’adorerais les faire disparaître d’un geste !
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Comment jugez-vous la personnalité de Stephen Strange ?
Sa vanité et son ego sont déplaisants, mais font partie de sa force. J’aime son sens de l’humour, et le paradoxe que l’on apprécie chez tous les héros Marvel : même s’il a des superpouvoirs, il est abîmé par la vie, faillible et fragile émotionnellement.
Doctor Strange in the Multiverse of Madness : vendredi 13 janvier à 21h10 sur Canal+
Propos recueillis par Pascal Pinteau en mai 2022