Alerte rose à Barbieland ! Dans cet univers fantastique dirigé par les filles, où la dolce vita est l’unique règle, il y a soudain un truc qui cloche pour Barbie Stéréotype : elle broie du noir ! Pire, contrairement à toutes ses soeurs Barbie, elle se pose des questions existentielles, ne peut plus porter de talons (ses pieds ont perdu leur cambrure !), et se découvre… une haleine de chacal et de la cellulite ! Aucune aide à espérer du côté de Ken : comme tous ses semblables, il a moins de neurones que d’abdos. Normal, pour un accessoire censé se conformer au diktat sexiste de ce matriarcat rose bonbon : « Sois beau et tais-toi ! » Barbie Bizarre explique qu’elle doit être connectée avec une personne dans le monde réel. Pour éclaircir ce mystère, direction Los Angeles, avec Ken comme passager clandestin, sur le point de découvrir les joies du masculinisme. Car le monde réel ne correspond pas aux attentes de la jolie blonde. Victime de propos sexistes, Barbie est accusée de nuire à la cause des femmes et de polluer la planète comme suppôt d’un consumérisme exacerbé !
BARBIE, STAR DE CINÉ
« Si vous aimez Barbie, ce film est pour vous. Si vous n’aimez pas Barbie, ce film est pour vous. » Dès la bande-annonce, le ton est donné : l’humour second degré, l’art du décalage barré font l’ADN de cette comédie aussi flashy qu’engagée. Barbie, star de ciné, c’était l’ambition d’Ynon Kreiz, boss de Mattel, qui commercialise depuis 1959 les poupées sexy à la renommée planétaire. Comme pour les comics Marvel ou les jouets Transformers, il voit, dès sa prise de fonction en 2018, dans le 7e art un moyen de booster les ventes et d’upgrader sa marque.
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Un premier projet échoue, mais dès que l’Australienne Margot Robbie lui propose de reprendre le dossier, avec pour ambition « un film intelligent, émouvant et drôle », les planètes s’alignent. L’actrice-productrice commande un scénario à Greta Gerwig, figure du cinéma indé américain, avant de lui en confier la mise en scène. « Écrire sur Barbie était très excitant, tellement le sujet était épineux et pétillant. Barbie est une icône du XXe siècle, source de célébration et de nombreuses controverses. » Englober ces aspects antagonistes était un défi. Relevé avec panache. Dans sa forme (100 millions de dollars de budget) et sur le fond, Barbie est un blockbuster doublé d’un film d’auteur. S’agit-il d’un manifeste féministe ? « Mon film est humaniste avant d’être féministe », répond-elle. C’est un show unique en son genre.
Incroyable mais vrai, Margot ne pensait pas incarner l’héroïne, Greta l’a convaincue. L’actrice a « beaucoup travaillé sur les mouvements de la poupée ». Elle est désopilante. Idem pour Ryan Gosling, génial en Ken décérébré. Les deux femmes ont gagné leur pari iconoclaste. Avec 1,4 milliard de dollars de recettes, Greta Gerwig est la première réalisatrice à réussir un tel carton. Mattel souhaiterait une franchise, elle n’envisage pas de rempiler. Le jackpot l’ayant emporté sur les polémiques et les censures de tous poils, il est fort probable que l’on assiste au retour de la grande blonde.
Barbie, dimanche 14 septembre à 21h10 sur TF1