“J’ai toujours eu envie de montrer ce dont sont capables les personnes porteuses d’un handicap mental : elles ont un imaginaire incroyable, une magie, ou une folie, que l’on ne rencontre pas ailleurs. C’est avec elles que je voulais faire un film. Pas sur elles", confie Artus. Mission pleinement réussie, puisque le carton du box-office national 2024 s’impose comme le neuvième plus grand succès de l’histoire du cinéma tricolore.
Artus : "Ce n’est pas un film sur le handicap"
Pour ses débuts en réalisation, Artus, showman et comédien, a réussi un coup de maître avec l’histoire de ces deux braqueurs qui, pour échapper à la police, s’incrustent dans le car d’une association s’occupant d’adultes en situation de handicap sur le chemin des vacances. L’imposture fonctionne, mais Paulo (Artus), même s’il affiche un certain talent pour se faire passer pour handicapé, ne tarde pas à être démasqué. Les encadrants n’y voient que du feu, à l’inverse de Ludo et Arnaud, qui le crament illico. Le couvrir, ok, mais qu’il arrête de les prendre pour des débiles ! Artus insiste : "Ce n’est pas un film sur le handicap, c’est une comédie avec des acteurs en situation de handicap."
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Depuis plusieurs années, l’humoriste traite ce thème casse-gueule dans ses sketchs ou dans des vidéos comiques à travers Sylvain, son personnage fétiche, devenu star des réseaux sociaux. Dans Un p’tit truc en plus, c’est le prénom d’emprunt que Paulo, son personnage, se choisit. À l’écran, c’est un sans-faute, on n’est jamais gêné par les vannes puisque l’on rit avec eux, jamais à leurs dépens : la bienveillance tient la barre. Pas de triche, zéro malaise face au handicap : "Je suis convaincu qu’il faut s’adresser à ces gens normalement." La bonne humeur est dans la place, l’émotion s’impose.
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UNE BELLE ÉQUIPE
Au-delà de divertir, ce film est une invitation à porter un regard fraternel sur le handicap. Le public l’a reçu 5 sur 5. Par millions. L’ampleur du succès a surpris, mais Artus n’avait aucun doute sur le capital sympathie qui accompagnerait sa belle équipe : "Ils ont une sincérité qui manque aujourd’hui et qui fait du bien", explique-t-il. Avant la sortie du film, le 1er mai, il nous confiait que beaucoup lui avaient prédit un tournage assez rock’n’roll – entendez impossible – avec une douzaine de comédiens handicapés. "On ne va pas se mentir, il y avait parfois des problèmes de concentration… et, surtout, ils n’étaient pas acteurs. Si j’avais tourné avec des valides novices comme eux, cela aurait été plus sportif qu’avec des pros, mais là, en plus, ils avaient chacun des particularités spécifiques."
"Le succès, à ce niveau-là, on ne peut jamais le prévoir"
Au Festival de Cannes, à l’applaudimètre, ce fut la palme de l’enthousiasme sur le tapis rouge. "Le succès, à ce niveau-là, on ne peut jamais le prévoir. Je me demande tous les jours d’où il vient. Sans doute que les gens ont senti de l’authenticité, une façon différente d’aborder le sujet, analyse le réalisateur comblé. Et avec l’actualité anxiogène, il y avait peut-être aussi l’envie de voir une comédie pleine d’humanité." Avec un supplément d’âme. Un grand truc en plus.
Un p’tit truc en plus, samedi 14 décembre à 21h10 sur Canal+
JULIEN BARCILON