Antoinette dans les Cévennes (France 2) – Laure Calamy évoque son « flash » pour l’âne Patrick

Publié le 21 mai 2023 à 13:24
© Chapka Films / La Filmerie / France 3 Cinéma / Belga Productions
Dans cette comédie pétillante, l’actrice laisse libre cours à sa fibre burlesque, en jouant une amoureuse aussi têtue que l’âne qui l’escorte sur la piste de son amant..

Depuis qu’on l’a découverte dans le rôle de l’irrésistible Noémie de la série Dix pour cent (France 2), Laure Calamy a fait un sacré bout de chemin. Elle est aujourd’hui l’une des actrices les plus demandées. Avec Antoinette dans les Cévennes, de Caroline Vignal, elle a franchi la frontière entre les seconds rôles, dont certains lui ont valu d’être nommée aux César (éblouissante en mère dépassée dans Ava, de Léa Mysius), et les premiers. Elle l’a fait, de la plus belle et la plus drôle des manières, en partageant la tête d’affiche avec un âne. Laure Calamy est donc Antoinette, une institutrice un peu fofolle qui se réjouit de passer une semaine avec Vladimir, le père de l’une de ses élèves (Benjamin Lavernhe, excellent). Mais ce dernier lui apprend qu’il n’a pas pu se dérober à un trek en famille dans les Cévennes, sur le chemin emprunté, en 1878, par l’écrivain Robert Louis Stevenson.

Prise d’un coup de sang, Antoinette se rend, elle aussi, dans le massif cévenol. La voilà en short et chapeau de paille, sur le célèbre sentier, soit 200 kilomètres à pied, avec Patrick, un âne récalcitrant pour guide, et le secret espoir de croiser son amant. « Et que feras-tu si tu le rencontres ? », lui demandent les randonneurs attablés dans un gîte, le premier soir. Antoinette ne sait pas… Laure, elle, sait pourquoi elle a accepté le rôle. Outre le fait que cette petite-fille de « petits paysans » près de Pau était emballée à l’idée de jouer avec un âne, elle a aussi craqué sur le scénario : « Je l’ai lu d’une traite, avec frénésie, et je me suis dit : “C’est pour moi ! Cette personne me connaît”, car l’histoire faisait écho à des choses tellement intimes. Antoinette est une femme de 40 ans qui, d’un coup, ne se laisse pas faire par la vie. » 

UNE ODYSSÉE INITIATIQUE 

« La vraie gageure était que le spectateur considère l’animal comme un personnage, qui écoute Antoinette, qui la juge, parfois, qui la comprend, qui la soutient », explique la réalisatrice. Deux ânes ont été utilisés pour jouer » Patrick. L’un très vif, pour les scènes d’action et les cascades, l’autre, plus doux et expressif, « très Actors Studio », faisait office de confident. « Il était hyper lent, d’une mélancolie parfaite. On a eu un flash, et c’est lui qui est devenu la vedette », se souvient Laure. Son tempérament burlesque et sa finesse de jeu ont fait le reste. Il faut la voir, tour à tour jouer la dégourdie qui n’a peur de rien, la fille en vrac devant le bonheur conjugal des autres, la randonneuse égarée en forêt qui s’offre plus tard, sur la route retrouvée, une nuit d’amour avec un motard aux bras accueillants. L’actrice donne l’impression que rien n’est calculé ! Cette aventure dans les Cévennes lui a permis de renouer avec la randonnée en montagne qu’elle a beaucoup pratiquée, « une expérience quasi mystique, un accès à soi ». C’est un peu l’histoire de sa vaillante Antoinette, dont la filature amoureuse va la révéler à elle-même. Et offrir à son interprète son premier César.

Antoinette dans les Cévennes, dimanche 21 mai à 21h10 sur France 2

ISABELLE MAGNIER 

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