66-5 (Canal+) – Alice Isaaz : « J’ai envie que des jeunes femmes voient cette série »

Publié le 18 septembre 2023 à 8:34
© Denis Manin - Sortilèges Productions / Canal+
La comédienne incarne Roxane, une jeune avocate parisienne qui voit sa vie chamboulée lorsque son mari est accusé de viol. Trahie, elle retourne à Bobigny, la banlieue de son enfance, et y devient avocate pénaliste. Entretien.

Qu’est-ce qui a retenu votre attention ou vous a étonnée dans le parcours de votre personnage ? 

Alice Isaaz : L’une des phrases d’accroche de la série est : « Ne jamais oublier d’où l’on vient. » Je n’ai pas grandi en cité, mais dans un petit village, et j’ai ressenti quelque chose de similaire à la situation de Roxane, en venant à Paris pour faire du cinéma. Ce truc de la provinciale qui vous colle toujours à la peau, quoi que vous fassiez, parce que vous ne connaissez pas les codes. Au tribunal de Bobigny, j’ai été surprise par la jeunesse des avocats et des magistrats. J’ai vu beaucoup de séries judiciaires et, dans ma tête, je voyais des gens plus âgés, autour de la quarantaine.

Vous craigniez que votre personnage ne soit pas crédible ? 

Oui, parce qu’elle est censée avoir mon âge, 32 ans. En fait, beaucoup d’avocats et de magistrats vont à Bobigny pour y faire leurs armes, c’est ce que montre aussi la série. C’est Keren Ben Rafael, la réalisatrice des quatre derniers épisodes (la série en compte huit, ndlr), qui m’avait proposé de l’accompagner au tribunal. J’y suis allée en simple spectatrice, mais ça m’a aidée pour saisir l’ambiance et construire le personnage de Roxane. 

Comment vous êtes-vous glissée dans sa peau ? 

Je m’appuie beaucoup sur le texte, et là, j’en avais quand même pas mal. Les décors m’ont également bien aidée. Nous avons tourné à Bobigny, au tribunal, mais aussi à la cité de l’Abreuvoir, pendant l’été, où mon personnage revient vivre pendant quelque temps. Nous y sommes restés quatre semaines. Il y avait aussi les costumes. Le fait d’enfiler une robe d’avocat, c’est quelque chose. Et puis, j’ai beaucoup travaillé avec Danielle Arbid, la réalisatrice des quatre premiers épisodes, pour définir qui était Roxane et ne pas être dans la caricature d’une fille issue de la banlieue. Il fallait montrer le choc des cultures, mais aussi trouver quelque chose dans son attitude. 

Justement, comment la présenteriez- vous à quelqu’un qui n’aurait pas vu la série ? 

Roxane est une jeune femme ambitieuse, qui croit en elle. Elle est forte, mais aussi très sensible. Je ne suis pas fan du terme, mais elle a un côté « girl power ». J’ai envie que des jeunes femmes voient cette série, car c’est un personnage positif qui n’abandonne jamais et qui trouve des ressources pour se réinventer, malgré tout ce qui lui arrive. 

Anne Landois, qui a imaginé 66-5, est l’une des scénaristes d’Engrenages et la showrunneuse des saisons 5 et 6. Avez-vous vu cette série à laquelle 66-5 fait penser ? 

Non, car je n’avais pas Canal+ à l’époque, et je regarde plutôt des nouveautés. Maintenant, j’ai envie de la voir. 

Qu’en est-il de la suite ? Y aura-t-il une saison 2 ? 

C’est trop tôt pour le dire, mais j’adorerais ! Je crois qu’Engrenages a duré dix saisons. Pour moi, ce serait peut-être un peu beaucoup, mais je suis partante pour une saison supplémentaire. 

66-5, lundi 18 septembre à 21h10 sur Canal+

Par
Frédérick Rapilly