Après Ahmed Sylla, c’est au tour de Léa Drucker de revenir sur l’intervention d’une militante écologiste pendant la Cérémonie de César 2023. Une scène marquante pour bon nombre de téléspectateurs notamment en raison des réactions gênées des deux comédiens présents sur scène au moment des faits. La décision de Canal+ de couper ce moment a également fait beaucoup réagir de nombreux internautes.
À travers une publication partagée sur Instagram ce lundi 27 février, Léa Drucker est revenue sur cet épisode. L’actrice a avoué qu’elle ne savait pas du tout comment réagir face à cette militante du collectif "Dernière Rénovation" : "Cette photo, qui nous statufie Ahmed et moi dans cette caricature d’humains inconscients, à la manière de Don’t Look Up d’Adam Mc Kay, aura peut-être servi à quelque chose. Nos rires sont des rires de gêne et non des rires moqueurs. Le rire de celui qui sait qu’il est dans la merde, mais qui ne veut pas transmettre son angoisse à la télévision et devant la salle. Et j’invite celles et ceux qui un jour auront à animer un direct, quand ce n’est pas votre métier, à expérimenter cette panique de l’imprévu, quand l’objectif était d’essayer de vous faire passer un bon moment." L’actrice de 51 ans a reconnu qu’elle aurait pu mieux gérer cet imprévu avec Ahmed Sylla, malgré des circonstances difficiles à gérer : "Évidemment, il aurait fallu informer les téléspectateurs à la reprise du direct, de ce qu’il venait d’arriver et de l’action revendiquée. Encore aurait-il fallu, Ahmed et moi, que nous soyons informées de cette cause que Nina venait défendre. Je lui ai demandé si elle voulait dire quelque chose et elle m’a fait signe sur non. Il n’y a pas eu de violence, elle s’est allongée par terre, sous mes yeux, et les personnes chargées de la sécurité l’ont évacuée en coulisses."
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Alors qu’il fut notamment reproché à Ahmed Sylla et à Léa Drucker d’avoir pris à la rigolade cette irruption, la comédienne a tenu à se justifier : "Évidemment que j’ai conscience de l’urgence climatique, et que je m’inquiète de l’avenir de notre planète, et de celui de nos enfants. La cérémonie des Césars, qui ne voulait plus servir de tribune politique, a toutefois réussi à mettre en avant les atrocités commises en Ukraine, l’injustice et les violences ignobles commises par le pouvoir en place en Iran. Les remettants et les récompensés ont aussi parlé du drame des violences faites aux femmes, des inégalités hommes-femmes, de la lutte contre les différences, et je trouve formidable de l’avoir fait de façon collégiale. Mais ni l’Académie des Césars, ni aucun d’entre nous d’ailleurs, n’ont évoqué l’urgence climatique durant la cérémonie, c’est vrai. C’est bien là le problème, et c’est bien le constat que ce sujet continue chaque jour d’être difficile à conscientiser dans la société."
En conclusion, Léa Drucker a pointé du doigt l’intervention de la militante, en estimant qu’il existe de meilleurs moyens pour faire passer un message de la sorte : "Et je me pose plusieurs questions : pourquoi n’y a-t-il personne pour aller manifester contre le réchauffement climatique comme pour les retraites ? Pourquoi n’y a-t-il pas un sujet sur cette urgence à chaque ouverture de journal télévisé ? Pourquoi les gens s’achètent chaque année les derniers téléphones ? À s’envoyer des selfies à l’infini et à regarder des séries sur les plateformes quand on sait que ça fait exploser les pollutions numériques ? (et je m’inclus entièrement dans ces constats). Pourquoi les gens ne vont-ils pas voter massivement pour changer les choses ? Si vous pensez que c’est en faisant un happening aux César qu’elles vont changer, alors rendez-vous en maillot de bain en février 2050. Aujourd’hui, on comble notre culpabilité collective à ne rien faire, en se drapant de nos vertus. Alors bien sûr le cinéma peut faire quelque chose, mais si vous pensez qu’on va enrayer le dérèglement climatique avec des films, je crains pour nos enfants. Et pour finir, je suis plutôt contente d’avoir participé à ce remake de Don’t Look Up. Si ça a pu servir à quelque chose."
N.O