« La honte ! » : le Festival de Cannes accusé par des acteurs de dérouler « le tapis rouge aux hommes et femmes qui agressent »

Publié le 17 mai 2023 à 6:39
Franck Castel/ABACAPRESS.COM
Pour ouvrir le Festival de Cannes 2023, les organisateurs ont misé sur une projection hors-compétition de Jeanne du Barry de Maïwenn avec Johnny Depp. Un évènement qui a provoqué la colère de nombreux acteurs qui n’ont pas caché "leur honte" dans une lettre ouverte. Explications.

La Croisette est en effervescence depuis ce mardi. Mais avant même le coup d’envoi de ce Festival de Cannes 2023, la grand-messe du cinéma française a été décriée par de nombreux acteurs. La faute, notamment, à Jeanne du Barry, le film choisi en ouverture qui a été réalisé par Maïwenn et dans lequel elle donne la réplique à Johnny Depp. Un casting problématique pour une partie du cinéma français.

Dans une tribune publiée mardi dans Libération, cent acteurs et personnalités du cinéma parmi lesquels Julie Gayet, Laure Calamy, Clotilde Hesme, Marie Denarnaud, Felix Maritaud, Bastien Bouillon, Jérémie Renier, Camille Chamoux, Vahina Giocante, Finnegan Oldfield et Zinedine Soualem, ont annoncé leur soutien à Adèle Haenel qui vient d’arrêter le cinéma pour des raisons politiques. Mais ils ont aussi tenu à pointer du doigt la passivité du Festival de Cannes face "à la violence dans les milieux de création".

"Nous sommes profondément indigné·es et refusons de garder le silence face aux positionnements politiques affichés par le Festival de Cannes. Nous refusons d’être associées aux décisions prises ces dernières semaines. En déroulant le tapis rouge aux hommes et aux femmes qui agressent, le festival envoie le message que dans notre pays nous pouvons continuer d’exercer des violences en toute impunité, que la violence est acceptable dans les lieux de création. Il est temps que le cinéma français cesse d’apporter son soutien aux personnes qui abusent de leurs positions de pouvoir", ont écrit les signataires de ce texte sans citer Maïwenn, qui a reconnu avoir agressé récemment Edwy Plenel, ainsi que Johnny Depp accusé d’agression par son ex-femme Amber Heard.

"Evidemment, la place que l’on offre aux personnes qui abusent, harcèlent, violentent, sur le tapis rouge de ce festival ne vient pas de nulle part. C’est symptomatique d’un système global mis en place depuis des générations. C’est un système basé sur les principes de domination et de silenciation. La silenciation de toutes celles et ceux qui travaillent dans le milieu du cinéma et qui n’osent prendre la parole par peur des impacts sur leur carrière, leurs productions, leurs postes. Cette peur est un verrou puissant", ont-ils ajouté dans cette tribune disponible en intégralité ici.

Clara Kolodny

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