Vous endossez pour la dixième fois le costume de maître de cérémonie. Un record !
Antoine de Caunes : Je pulvérise enfin celui de Pierre Tchernia ! (Rires) La première fois que j’ai présenté les César, en 1996, c’était un pur exercice de style, auquel je ne m’étais jamais livré. Ce n’est pas la télé que je préférais. Le service public en avait fait une soirée cérémonieuse, très solennelle, très longue. Avec de longs discours. J’ai encore en tête les envolées de Frédéric Mitterrand, très belles, d’ailleurs. Quand Canal+ a hérité de la cérémonie des César, l’idée était de remettre un peu de bonne humeur là-dedans, en trouvant la juste mesure.
Quel souvenir gardez-vous de vos neuf prestations ?
À chaque fois, je sortais de scène en me disant : « Plus jamais ! » Paradoxalement, ce sont les contraintes, les impondérables liés au spectacle, à la technique, à la télé, à l’humeur de la salle… qui me poussaient à y retourner.
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Après les critiques qui ont suivi la cérémonie l’année dernière, quel est votre plan d’attaque pour cette 47e édition ?
J’ai envie d’une cérémonie au cœur de la soirée, qu’on le célèbre à la fois comme un art et comme un divertissement. J’ai envie aussi d’y mettre de l’émotion et du rire. Voilà mon cocktail idéal !
Cette cérémonie doit-elle donner envie à un large public de retourner dans les salles ?
Certainement ! Le confinement a provoqué un problème de désaffection, même si, l’année dernière, il y a quand même eu 96 millions d’entrées.
Alors, comment redonner le goût à des gens qui se contentent de regarder des films sur des plateformes, d’aller participer à ce moment de partage collectif qu’est une séance de cinéma ?
Peut-être simplement en leur offrant le plaisir de voir, le temps de cette soirée, tous ces artistes qui font ce métier avec passion. Et qui, quand même, se décarcassent pour raconter des histoires dans des formats déterminés de 90 minutes, à l’inverse des narrations à l’infini des séries.
Cate Blanchett recevra ce soir le César d’honneur. Que représente-t-elle pour vous ?
C’est une actrice qui me sidère à chaque fois. Elle est surprenante et originale, on ne sait jamais où elle va nous emmener. Elle m’a stupéfié, récemment, dans Don’t Look Up : déni cosmique (d’Adam McKay, sur Netflix, ndlr). Elle compose une présentatrice de JT cynique. Elle est absolument géniale.
Espérez-vous voir enfin décerné le César de la meilleure réalisatrice ?
Je serais ravi, oui ! Ce serait formidable. Trois femmes sont nommées pour quatre hommes. Selon mes informations, elles sont plutôt bien placées. Mais, vous savez, je suis tenu à une neutralité totale.
Vous serez heureux, à la fin de la cérémonie, si…
Si la mayonnaise a bien pris entre la musique, la danse, les sketchs, les petits films que l’on propose, les moments de solennité et les hommages. Et je serai heureux si, évidemment, les artistes que j’aime sont récompensés.
César 2022 : vendredi 25 février à 20h55 sur Canal+
Interview Isabelle Magnier