Un couple de bourgeoises (Valeria Bruni Tedeschi et Marina Foïs) et un routier (Pio Marmaï) blessé par une grenade de désencerclement dans une manifestation des gilets Jaunes se croisent une nuit aux Urgences d’un hôpital où le personnel est débordé. Et dehors, la tension continue de monter entre les manifestants et la police. Tel est le pitch de départ de La Fracture, le nouveau film de Catherine Corsini en compétition en sélection officielle au Festival de Cannes 2021.
Projeté pour la première fois ce samedi sur la Croisette, le film a également été présenté par la réalisatrice et ses acteurs lors d’une conférence de presse. Une rencontre qui a été l’occasion pour Pio Marmaï de montrer l’état d’esprit de son personnage de routier en évoquant Emmanuel Macron, menaçant même de frapper le président de la République. « Macron, j’aimerais bien aller chez lui en passant par les chiottes ou les tuyaux et lui péter la gueule, évidemment oui, un peu comme tout le monde dans l’absolu », a-t-il ainsi lancé aux journalistes en évoquant le film. « Mais ce qui est intéressant, c’est comment on raconte cette révolte, qu’elle passe par la langue, par l’acte de violence. Moi c’est ce que j’ai essayé de raconter », a-t-il ajouté.
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Diffusée sur les réseaux sociaux avant d’être reprise par la presse, cette déclaration de Pio Marmaï a fait réagir aussi bien des anonymes que des politiques. « L’appel à la violence n’a sa place nulle part, et votre statut ‘d’artiste’ ne le rend ni plus intelligent ni plus acceptable. C’est même l’inverse : vous remportez la palme du propos le plus vulgaire », a réagi l’ancien Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner sur Twitter. « Certains devraient essayer la crise dans un autre pays juste histoire d’avoir un point de comparaison », a affirmé Anne-Laurence Petel, une députée de LaREM.
Les internautes, eux, ont vivement critiqué le fait de tenir de tels propos alors que le cinéma est un milieu très soutenu par les pouvoirs publics.
"Macron j’aimerais bien aller chez lui en passant par les chiottes et par les tuyaux et lui péter la gueule, ça évidemment un peu comme tout le monde, dans l’absolu…" Pio Marmaï à #Canne2021 pour le film de Catherine Corsini «La Fracture» sur le mouvement des #giletsjaunes pic.twitter.com/YQj8M6QQBr
— Destination Ciné (@destinationcine) July 10, 2021
L’appel à la violence n’a sa place nulle part, et votre statut « d’artiste » ne le rend ni plus intelligent ni plus acceptable.
C’est même l’inverse : vous remportez la palme du propos le plus vulgaire. https://t.co/0BK2EWHXcL
— Christophe Castaner (@CCastaner) July 10, 2021
Financer par les impôts des contribuables. Franchement ils sont subventionnés, touchent des rémunérations que 80% des français ne percevront jamais mais ils se plaignent. Quelle honte
— jonathan35 ⚫️ (@jonathan35001) July 10, 2021
Roselyne Bachelot qui vient d’annoncer 150 millions d’euros de plus pour aider les secteurs du cinéma et du spectacle vivant, appréciera !
Une aide qui s’ajoute aux 11 milliards d’euros déboursés pour la culture depuis le début de l’épidémie.https://t.co/2Z8qafEEfu— Jocelyne Marque (@JocelyneMarque) July 10, 2021
On crache dans la soupe et on s’étonne que les gens aient envie de boycotter certains films. Dommage pour les réalisateurs qui sont impactés par les discours stupides de leurs acteurs.
— Sean Joyprick (@SJoyprick) July 10, 2021
Mais qu’est ce qu’il raconte ??? Faire son révolutionnaire à 2 balles de Cannes.
"un peu comme tout le monde" " dans l’absolu" fine analyse, avec laquelle tout Français se sent concerné
Et pourquoi il veut passer par les "chiottes" ?— gofni (@gofni) July 10, 2021
Clara Kolodny