Rose (France 3) – Françoise Fabian :  » Rose, c’est moi ! »

Publié le 14 juin 2024 à 14:12
Silex Films - Germaine Films 2021
INTERVIEW. Dans le premier film d’Aurélie Saada, l’immense comédienne joue avec gourmandise une septuagénaire qui décide de jouir du temps qu’il lui reste…

Aurélie Saada a écrit le personnage de Rose en pensant à vous, à « cet Orient chaleureux que vous portez en vous ». Pourtant, vous lui avez fait promettre qu’il n’y aurait aucune autre actrice que vous… 

Françoise Fabian : Parce que Rose, c’est moi ! Et c’est beaucoup de femmes que je connais, qui revendiquent et assument leur féminité, quels que soient leur âge, leur intelligence, leur activité, leur maternité… Je ne vois aucune raison de diminuer une femme en quoi que ce soit. Elle peut faire des enfants et être aussi ingénieure à la Nasa. Alors j’aime Rose, cette femme qui croit, au début, que tout est fini, parce que l’on dit qu’une veuve, ce qui est son état, doit pleurer éternellement. Eh bien, non. Qui décide de cela ? 

Rose est née à Tunis, vous avez grandi à Alger. Avez-vous puisé dans vos souvenirs ? 

Oui, évidemment. J’avais une famille comme la sienne. Avec les cousins, les oncles, les tantes… Les grands dîners, les disputes… Mais j’étais une enfant assez solitaire. Je n’avais besoin de personne. Mes rêves, ce que je pensais et la littérature me suffisaient. Ça à l’air prétentieux, mais c’est vrai. Je suis plutôt timide. 

La convivialité, la place de la nourriture sont très importantes dans le film. On sent que vous êtes une bonne vivante… 

Absolument ! J’aime boire, danser, chanter. (Elle a sorti un premier album de chansons, en 2018, intitulé Françoise Fabian, avec Alex Beaupain, ndlr) J’adore recevoir et cuisiner. Dans le film, je ris, mais je pleure également. C’est pour cela qu’Aurélie m’a choisie : elle a deviné à quel point je suis combative et à quel point je peux me sentir foutue. Il m’est arrivé des choses très dures dans mon existence, mais je me suis toujours redressée. 

D’où vous vient ce formidable appétit de vivre ? 

Je ne sais pas. Je suis un peu polonaise, un peu juive, un peu catalane, née en Algérie, élevée par des parents magnifiques. Mon père, lettré, silencieux et artiste. Ma mère, comme Rose, jouissive, vivante, drôle, jouant au tennis, faisant de la moto à 65 ans avec ses petits-fils. C’était la joie de vivre. Cette force me vient d’eux. Et je crois que je n’ai peur de rien.

Rose, lundi 24 juin à 21h10 sur France 3

Propos recueillis par Isabelle Magnier en 2021

Par
Isabelle Magnier