Il y a quelques jours, vous avez posté sur vos réseaux sociaux : "La sortie de Gourou, c’est dans 12 dodos", accompagné d’une photo sur laquelle vous enlacez une énorme peluche. Cette part d’enfance, qu’évoque votre message, vous la gardez en toutes circonstances ?
Pierre Niney. Je cultive mon enfance à fond, c’est important de ne pas perdre sa fantaisie. Tout le monde a connu une enfance. Même coach Matt, le personnage de Gourou, aussi torturé soit-il, a une part d’enfance en lui. Ça ça m’intéresse.
Pierre Niney : "L’idée était d’évoquer des orateurs qui ont une parole à la fois magique et toxique"
Votre gourou, coach Matt sur les réseaux sociaux, incite les autres à trouver la meilleure version d’eux-mêmes. Est-ce quelque chose que vous cherchez en permanence ?
Je trouve cette expression un peu galvaudée, aujourd’hui. Elle est devenue le marqueur d’une société de la performance, d’une volonté de remettre la responsabilité mentale de chacun sur l’individu uniquement, c’est ce que Yann et moi essayons de raconter. La meilleure version de soi-même, c’est peut-être une chimère qui sert à vendre des formations et des séminaires. L’expression, je ne la trouve plus très heureuse, en revanche, travailler sur soi, essayer justement de comprendre nos biais, nos déterminismes, nos défauts et regarder si l’on peut les améliorer m’intéressent, bien sûr. De ce point de vue-là, c’est important de s’améliorer.
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Vous êtes à l’origine de ce troisième film que vous tournez avec Yann Gozlan, après Un homme idéal (2014) et Boîte noire (2020). Comment vous est venue l’idée de ce gourou, entre showman et imposteur ?
L’idée était d’évoquer des orateurs qui ont une parole à la fois magique et toxique. Ensuite, avec la multiplication des coachs sur les réseaux sociaux, qui nous expliquent comment manger, comment maigrir, se muscler, comment être millionnaire en quelques mois, j’ai trouvé que cette arène, inédite au cinéma, était intéressante pour ce qu’elle racontait de notre société, de notre besoin d’entendre des récits (…)
Une interview réalisée par Isabelle Magnier, à lire en intégralité dans le nouveau numéro du magazine Télé 7 jours. Disponible dans les kiosques dès lundi.