Qu’est-ce qui vous a persuadée de revenir dans la saga Terminator ?
Linda Hamilton : Plusieurs choses : l’histoire écrite par James Cameron, le plaisir de retrouver mon ami Arnold Schwarzenegger, et celui d’incarner à nouveau Sarah Connor, à 63 ans, en assumant mes rides et mes cheveux gris ! Les jeunes acteurs, ainsi qu’Arnold et moi avons formé une équipe soudée. Nous nous encouragions pour réussir nos cascades. Pour l’une d’elles, je glisse à l’arrière d’un avion-cargo en chute libre, vers sa trappe ouverte. Le décor était agité par des vérins hydrauliques, et un câble, relié à un harnais caché sous mes vêtements, me tirait à toute vitesse. Tout en glissant sur le sol, je devais happer une arme, m’accrocher au bord de la trappe avant de tomber, de remonter dans l’avion et de me battre ! (Rires) Je me suis fait mal aux coudes, mais à la fin des prises, je disais : « Allez, on la refait ! », comme une gamine qui réclame un autre tour de manège !
À lire également
La scène où vous vous retrouvez sous l’eau, de nuit et dans l’habitacle d’un véhicule blindé, a dû être très angoissante à jouer…
Je le confirme. J’ai appris des techniques d’apnée et de plongée sous-marine de nuit, sans éclairage, pour avoir les bons réflexes, même si une personne chargée de ma sécurité se trouvait à proximité, avec un détendeur et une bouteille d’air pour m’aider. Une autre était placée à mes pieds, mais dès que l’eau déferlait dans l’habitacle, elle était projetéehors de ma portée ! À force de rester dans le réservoir, nous avons eu, ma partenaire Natalia Reyes et moi, des otites à répétition, et nos yeux étaient irrités par le chlore. Chaque soir, un médecin venait m’examiner ! Nos corps tombaient en panne, car nous, nous ne sommes pas des Terminators !
Sigourney Weaver et vous êtes devenues les icônes mondiales du cinéma de science-fiction en incarnant Ellen Ripley dans Alien et Sarah Connor dans Terminator, deux femmes fortes et courageuses. Qu’est-ce que ce rôle a changé dans votre vie ?
Pendant le tournage du premier film de la saga, en 1984, la frontière entre Sarah et moi se brouillait parfois. Un soir, alors que mon mari et moi venions de rentrer dans notre voiture garée sur un parking, un véhicule nous a percutés avant de prendre la fuite. Nous l’avons poursuivi et stoppé. Je suis sortie de la voiture et je me suis jetée sur ce type en essayant de l’extraire de sa voiture au travers de la fenêtre de la portière ! Sarah Connor est venue s’occuper de cet individu, malgré moi ! (Rires) Au moment du tournage de Terminator 2, c’était différent, je retrouvais mon bébé d’1 an, le soir à la maison, et toute l’agressivité du personnage s’évaporait.
À lire également
Terminator 3 (NRJ 12) : Kristanna Loken, le premier cyborg féminin
Avec ce personnage devenu culte, avez-vous le sentiment d’avoir contribué à créer des rôles de femmes fortes à Hollywood ?
Certaines personnes l’ont dit. J’ai senti que cela avait eu une résonance particulière au moment de la sortie de ces films. C’était le bon moment pour changer les choses.
Terminator : Dark Fate, dimanche 29 janvier à 21h10 sur France 2
INTERVIEW PASCAL PINTEAU