L’Amour ouf (Canal+) – Adèle Exarchopoulos : « Jackie est un cadeau parce que c’est une héroïne d’aujourd’hui »

Publié le 25 avril 2025 à 7:22
INTERVIEW. Dans L’Amour ouf, comédie romantique violente et pop réalisée par Gilles Lellouche, l'actrice nous chavire par son jeu puissant et naturel à la fois.

Vous collectionnez les beaux rôles : en quoi celui de Jackie est, selon vos mots, « un formidable cadeau » ? 

Adèle Exarchopoulos : Être mise en scène par Gilles Lellouche en est déjà un. J’ai découvert l’incroyable cinéaste qu’il est, son art du dialogue et de la direction d’acteurs. Jackie est un cadeau parce que c’est une héroïne d’aujourd’hui, qui s’en sort seule, sans attendre un chevalier blanc. Elle illustre comment l’amour, le manque d’amour ou le deuil peuvent abîmer, et comment aimer peut aussi nous faire renaître. Il y avait plein de choses à jouer : c’est une femme intelligente, lucide sur ce qu’elle vit et ressent. Enfin, c’est un cadeau parce que je suis entourée de comédiens fabuleux. 

L’Amour ouf est une comédie romantique hors norme, doublée d’une belle déclaration d’amour au cinéma. Votre réaction à la lecture du scénario ? 

J’ai ressenti une énorme envie d’aimer ! Pas forcément amoureusement. J’ai eu besoin d’appeler ma mère pour lui dire que je l’aimais. Le film Romeo + Juliette, de Baz Luhrmann, m’avait fait le même effet : une véritable pulsion d’amour. 

Parmi les scènes les plus émouvantes, il y a celle avec Alain Chabat… 

C’était le rêve absolu. Pour moi, Chabat, c’est la classe internationale ! Je lui disais, l’autre jour : « Tu te rends compte, quand même, que tu es le seul mec que tout le monde aime ? Il n’y a pas un Français ni un Japonais qui ne t’aime pas ! »

Si vous deviez écrire sur une feuille trois mots sur vous − et non 457, comme le héros du film −, quels seraient-ils ? 

Drôle, gentille − j’espère que je le suis − et… amitié. Je suis très proche de mes amis. 

En interview, vous dites souvent que vous êtes flemmarde… 

Oui, c’est vrai. Sans doute parce que je côtoie de vrais bosseurs, comme Tahar Rahim. 

Vous êtes plus instinctive que bêcheuse, donc ? 

J’aspire à être les deux. En vrai, c’est plus une boutade. J’adore travailler et je m’entoure de coachs, mais c’est vrai que je suis assez dépendante de l’instant présent, sur un plateau : j’aime aussi l’accident, l’improvisation. Quand je dis oui à un film, je sais que je vais tout donner ! 

La séquence de l’entrepôt, où votre personnage remet à sa place le petit chef, l’atteste : il y a du culte dans l’air ! 

Elle est tellement bien écrite ! C’est un grand moment de cinéma. Pour l’anecdote, c’était le personnage de François Civil qui devait la jouer. Au dernier moment, Gilles a eu l’éclair de dire qu’il fallait que ce soit Jackie. Cette scène décrit vraiment ce qu’est un amour sain : tu vas au front pour ceux que tu aimes et tu parviens à t’élever par amour pour l’autre, et pour toi également. 

Le truc le plus fou que vous ayez fait par amour ? 

J’ai dû prendre l’avion, une fois, pour faire une surprise à un amoureux, à 10 000 km. On cherche toujours des trucs fous, comme des sauts en parachute. Mais ce que je trouve le plus fou, maintenant que je suis devenue grande, c’est d’apprendre à aimer les enfants de son compagnon, par exemple. Je trouve ça follement joli. Pour moi, c’est désormais dans la banalité que cela se situe, davantage que dans le coup d’éclat. 

L’Amour ouf, vendredi 25 avril à 21h10 sur Canal+

Par
Julien Barcilon