Les bonnes idées sont souvent soufflées par le destin. Et c’est encore plus savoureux lorsqu’il est en mode rieur. L’ex-rugbyman Philippe Guillard tire l’origine de son quatrième film d’une anecdote pépite que lui a raconté son ami et comédien fétiche, Gérard Lanvin. Un soir, l’acteur, avec lequel il assiste à une finale du Top 14 au Stade de France, s’éclipse un peu avant la fin pour attraper un taxi plus facilement. Pas de bol, aucun véhicule en vue. Un policier reconnaît Lanvin et, pour l’aider, arrête une voiture et demande aux occupants de le déposer à Paris.
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"Ça a été une des mésaventures les plus bizarres de ma vie ! À bord, des mecs casquettes à l’envers qui acceptent de me faire monter et démarrent sur les chapeaux de roues… Au bout de trois minutes, l’un d’eux me reconnaît et dit : “Putain, c’est Moltès, le type du Boulet !” Il appelle ses copains, on fait le détour par sa banlieue, et il me présente tous ses potes… Résultat, au lieu d’une demi-heure, je mets trois heures pour rentrer !"
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PLUS GROGNON QUE L’ORIGINAL
Le lendemain, Lanvin raconte son aventure à Guillard, qui, aussitôt, décide d’écrire un scénario avec Gérard dans son propre rôle, aux prises avec un fan sans gêne et encombrant. L’acteur est emballé : "Je suis très client des duos de cinéma, mais, là, cela promettait d’être un peu spécial, puisque j’allais devoir jouer mon propre rôle, et ça, je ne l’avais jamais fait." Bonne nouvelle, Gérard joue parfaitement Lanvin… et vice-versa. Quand l’acteur fait la gueule ou, plutôt, sourit intérieurement, peu de fans osent lui demander des selfies. Guillard s’est amusé à grossir le trait : son Gégé sera plus grognon que l’original !
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Et plus stoïque puisqu’il va endurer un calvaire au contact de Momo Zapareto, l’ultra-fan envoyé pour réparer la piscine de la villa mise à la disposition de l’acteur le temps d’un tournage. Comme le sparadrap du capitaine Haddock, quand Momo te colle, impossible de t’en défaire ! Quand Lanvin tourne, il squatte le plateau. Au passage, le petit monde du ciné essuie quelques plaquages amicaux. La rencontre entre les deux hommes est géniale : "Vous ressemblez à l’acteur… mais en plus petit !"
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Dans le rôle de l’importun, Artus est grand. "J’avais en tête le Pignon du Dîner de cons", explique Guillard, qui évoque aussi L’Emmerdeur, du même Francis Veber, ou Le Boulet, cité par le chauffeur d’un soir, de Berbérian et Forestier. "Je ne connaissais pas Artus, avoue Lanvin. À la première réplique, il a été le Momo que nous avions imaginé. Je me suis régalé avec lui." Pour son premier « premier » rôle, Artus (dont le talent, du Bureau des légendes au seul-en-scène, en passant par une collection de comédies, est éclatant) excelle et s’en donne à coeur joie. Ce n’est pas tous les jours que l’on joue face à l’une de ses idoles. En plus, en tant qu’ex-rugbymen, Artus, Gérard et Philippe étaient sur la même longueur d’onde : "On parle le même langage." Certains films naissent sous une bonne étoile, ici, elles volent en escadrille et forment la chouette constellation de l’ovalie.
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