Neuf ans après son luxuriant Gatsby le Magnifique, d’après Fitzgerald, Baz Luhrmann (Roméo + Juliette, Moulin Rouge) retrace, avec le faste baroque et l’extravagance visuelle qu’on lui connaît, la carrière du King dans le biopic Elvis, loin des conventions du genre. « Je ne me suis pas lancé dans ce projet (huit ans de travail, ndlr) pour faire l’éloge d’Elvis Presley. J’ai compris à quel point il était quelqu’un de sensible et fédérateur. Raconter Elvis, c’est se replonger dans l’Amérique des années 1950 à 1970, celles du racisme et de la lutte pour les droits civiques », a confié le cinéaste lors de la présentation (hors compétition) de son film, au Festival de Cannes.
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Octobre 1954. Elvis a 19 ans. Costume rose, cheveux gominés et maquillage de fille, il tremble comme une feuille. C’est sa première scène : « Va chez le coiffeur ! », lui lance un spectateur. En réponse, il saisit le micro, empoigne sa guitare et électrise la salle, avec son déhanché qui fait hurler les filles. Dans cette séquence complètement folle, Baz Luhrmann saisit sur le vif la naissance d’une icône, tandis que son interprète, Austin Butler, entre littéralement en transe, possédé par la musique. Pour qu’Elvis devienne une seconde peau, l’acteur a appris à bouger, danser, chanter comme lui. Dans la partie consacrée à la jeunesse du King, il interprète lui-même les chansons. Austin et Elvis ont tous deux perdu leur mère à l’âge de 23 ans. Le lien émotionnel était là. « Ensuite, il a fallu tout oublier, pour que tout surgisse de l’intérieur », explique Butler. À 31 ans, il est en pole position pour l’Oscar du Meilleur acteur.
Elvis : mardi 27 décembre à 21h10 sur Canal+
ISABELLE MAGNIER