LA CONNEXION
Lorsqu’ils se rencontrent, en 1981, Antonio Banderas a 21 ans et apprend son métier sur les planches, à Madrid. Pedro Almodóvar est le chef de file de la Movida, mouvement underground qui agite l’Espagne de l’après-Franco. Celui qui va réaliser Femmes au bord de la crise de nerfs, en 1988, lance au débutant : " Tu as un visage très romantique. Tu devrais faire du cinéma."
LA TRAHISON
À la parole, Almodóvar ajoute le geste et fait de Banderas son alter ego dans Matador, La Loi du désir, Attache-moi… En 1992, le bel Antonio répond à l’appel de Hollywood. Amer, Almodóvar critique sa désertion et le choix de ses films. En 1999, il signe Tout sur ma mère, avec Penélope Cruz, et devient le réalisateur des femmes : "Je suis le rêve des actrices du monde entier."
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LA RÉCONCILIATION
En 2008, Banderas reçoit un prix pour sa carrière au Festival de Saint-Sébastien, en Espagne. C’est Almodóvar qui le lui remet, ému : « Sans lui, mes films auraient été bien pires. » Fin d’une brouille de vingt ans. En 2018, dans l’autobiographique Douleur et Gloire, la barbe poivre et sel, vêtu d’habits de couleurs, Banderas incarne Almodóvar. Cette fois, les deux hommes ne font plus qu’un.
Antonio Banderas et Pedro Almodóvar : du désir au double : dimanche 8 mai à 22h55 sur arte
Isabelle Magnier