Donnie Brasco (France 5) : Quel acteur était d’abord pressenti pour incarner le rôle de Johnny Depp ?

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 14:32
HAMILL Brian
Inspirée d’une histoire vraie, cette plongée dans la mafia new-yorkaise rivalise avec les plus grands films du genre. En flic infiltré, Johnny Depp s’impose parmi les grands.

Aussi loin qu’il s’en souvienne, Joseph Pistone a toujours rêvé d’être flic ! En 1978, sous le pseudonyme de Donnie Brasco, l’agent spécial du FBI réussit à infiltrer le clan Bonanno, l’une des familles les plus puissantes de la mafia du New Jersey. Pendant six ans, Brasco a vécu au milieu de la fosse aux lions comme un poisson dans l’eau. La moindre erreur lui aurait été fatale. Sorti en 1997 et adapté du livre-témoignage du policier Donnie Brasco : ma vie d’infiltré dans la mafia, paru en 1988, le film de Mike Newell (4 mariages et 1 enterrement) raconte le plus fidèlement possible cette imposture héroïque parmi les affranchis de Brooklyn. « Ce que je voulais, explique le cinéaste britannique, c’était montrer la mafia comme on ne l’avait jamais vue. » Il y parvient.

En ne sacrifiant jamais au folklore du genre, avec gangsters charismatiques et fascination pour son sujet, à la manière de Scorsese ou Coppola. Newell, lui, s’attache à dépeindre l’organisation criminelle pyramidale, en nous faisant côtoyer les sans-grade du crime organisé. Un contre-pied parfaitement illustré par le personnage pathétique de Lefty la Gâchette, un affranchi loser génialement servi par celui qui incarna le plus célèbre mafieux du 7e art dans la trilogie Le Parrain : l’immense Al Pacino. Oublié la superbe de Don Corleone. Avec son manteau râpé, son chapeau sans forme et son air dépressif, il est à mille lieues du cador de Cosa Nostra. Pacino est génial en gangster bas du bonnet et éternel troisième couteau méprisé. Pour lui donner la réplique, il fallait du lourd. Tom Cruise fut pressenti, mais le rôle revint à Johnny Depp. Une bonne pioche, selon Pacino, qui considère le gamin (il a alors 34 ans) comme une « star ». 

TAUPE MODÈLE 

Avant d’incarner l’infiltré, Depp a longuement fréquenté le vrai Pistone, retraité du FBI et vivant sous une nouvelle identité. Les deux hommes sont devenus amis et ont, ce fut assez rocambolesque, assuré une partie de la promotion du film ensemble, avec protection policière, fausse moustache et postiches. « J’ai étudié sa manière de se glisser partout, sa façon de parler, calme et posée. Je voulais qu’on puisse nous confondre », explique Depp.

Mission accomplie : des familiers ont été bluffés par son mimétisme. Si la présence de l’ex-agent sur le plateau a gêné Mike Newell, qui déplorait un climat de tension latente, pour Depp, elle fut « indispensable ». Admiratif, Pistone confirme : « Johnny a fait un portrait de moi très exact, en restituant des détails très intimes. » Le meilleur conseil qu’il lui ait donné : « Le secret, c’est d’être soi-même. Surtout de ne pas se déguiser. » 

Grâce aux preuves accumulées pendant six années durant lesquelles Brasco le voyou s’est parfois affranchi de Pistone le flic, une centaine de condamnations ont été prononcées. « Le film m’a fait beaucoup de bien. Entre le début de ma mission et aujourd’hui, ma tête étant mise à prix (pour 500 000 dollars), je n’ai que très rarement eu l’occasion d’être Joseph Pistone. Mike Newell m’a permis de redevenir moi-même. » Un compliment en or. 

Donnie Brasco : vendredi 28 mars à 21h05 sur France 5

Par
Julien Barcilon