Disparition inquiétante, Brigitte Lahaie : « J’ai un peu de rancœur vis-à-vis du cinéma… »

Publié le 13 avril 2022 à 12:08
©Philippe Warrin - FTV - De Caelis
L’animatrice de Sud Radio a retrouvé le chemin des plateaux le temps d’une fiction sur le harcèlement au travail. En DRH sans foi ni loi, elle y est glaçante.

D’abord, et c’est un compliment, le personnage de garce vous va à ravir !

Brigitte Lahaie : (Rires) C’est vrai que je peux paraître très dure, au premier abord. Mais je suis quelqu’un d’hypersensible, qui se protège beaucoup.

C’est aussi ce qui vous a amenée à accepter de jouer ce rôle de Valérie Müller ?

Oui. Il est magnifique. Il y a toute une progression entre le moment où Valérie semble implacable et le moment où l’on voit enfin la faille chez elle. C’est formidable à jouer.

Valérie est une femme extrêmement secrète. Comment l’avez-vous « attrapée » ?

J’ai été dirigée par un excellent metteur en scène, Arnauld Mercadier. Il a eu l’intelligence de commencer par me faire tourner les scènes les plus faciles. Cela m’a permis de rencontrer tout doucement Valérie. C’est un personnage charnière. Jusqu’au bout, on doute de son rôle dans cette disparition inquiétante…

Vous étiez heureuse que l’on pense à vous ? Cela faisait dix-sept ans que l’on ne vous avait pas vue sur un écran, petit ou grand…

C’est vrai. J’ai tourné un film pour Canal+ (Une dernière fois, ndlr), il y a deux ans, mais c’était plutôt un investissement en rapport avec mon parcours passé. Ces dernières années, j’ai eu des propositions de rôles, mais soit ils n’étaient pas très intéressants, soit je n’étais pas disponible. J’ai accepté Disparition inquiétante, parce qu’un tournage pour la télévision me mobilise moins longtemps, comparé au cinéma. Quand on est tous les jours à l’antenne, il faut pouvoir s’organiser. Et puis, j’ai tout de suite « flashé » sur Arnauld Mercadier. J’ai senti immédiatement qu’avec lui, je serais en confiance. J’ai pris tellement de plaisir à jouer que, maintenant, je suis prête à recommencer ! Je trouve qu’il y a vraiment de jolies choses à faire en télévision. J’ai un peu de rancœur vis-à-vis du cinéma, qui m’a beaucoup boudée…

Comment s’est passée la redécouverte d’un plateau de tournage ?

Très bien ! L’équipe était formidable. Je me suis tout de suite très bien entendue avec Julie Depardieu. Elle a une personnalité hors normes, comme moi. Et Daniel Russo est un comédien formidable, sur lequel on peut vraiment s’appuyer.

Le téléfilm aborde de front le sujet du mal-être au travail…

Ce qui me touche le plus, et c’est ce que montre bien ce programme, c’est à quel point les gens ne savent pas se faire respecter, en particulier les femmes, à qui on a toujours appris à être polies, depuis leur plus jeune âge. Je milite beaucoup pour qu’on leur apprenne à dire non.

Le téléfilm se clôt sur ces mots de votre personnage : « Je vais cesser de nourrir un système où certains hommes tirent leur force de la soumission des femmes. »

Cette fin a été réécrite pratiquement le dernier jour de tournage. Nous voulions quelque chose de marquant. Le monde a énormément changé depuis cinquante ans, il faut commencer à adoucir les relations. Il faut continuer de lutter pour l’égalité, bien sûr, mais aussi comprendre nos différences. 

Disparition inquiétante : mercredi 13 avril à 21h10 sur France 2

Interview Amandine Scherer

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