DANIEL CRAIG : Un Bond super bon
Comment James Bond, mauvais garçon brut de décoffrage, au coup de poing facile, devient l’agent 007 : telle est la trame de Casino Royale, dans cette adaptation du premier tome de Ian Fleming, publié en 1953. Pour remplacer l’élégant Pierce Brosnan, la productrice Barbara Broccoli a parié sur Daniel Craig, acteur anglais de 38 ans, originaire de Liverpool, à la carrière discrète, mais solide : formation au théâtre, débuts à la BBC et premiers succès avec le thriller Layer Cake, de Matthew Vaughn (2004), et Munich, de Steven Spielberg (2005). « Pour moi, il incarnait le Bond originel : sexy, sombre et vulnérable. » Pourtant, il déplaît aux bondophiles, qui le taclent méchamment : inconnu, trop petit, zéro charisme… et blond ! Le comédien dit en avoir souffert, mais a eu l’intelligence de ne pas répliquer : « J’avais décidé de me donner à 100 % avant le tournage. Pendant, j’ai poussé la machine à 150 %, pour prouver qu’ils avaient tort. » Aucun acteur, depuis Sean Connery, n’avait incarné 007 avec une telle présence.
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MADS MIKKELSEN : Un sanglant méchant
Qui, mieux que l’acteur danois, aux pommettes de chat et à la bouche immense, pouvait jouer Le Chiffre, banquier du terrorisme international, qui pleure des larmes de sang ? Une idée de Mads, dont l’audition n’aurait duré que quelques minutes, tant Barbara Broccoli, qui l’avait repéré dans plusieurs films au Danemark, dont Pusher et Pusher 2, de Nicolas Winding Refn (Drive), le voulait pour affronter son nouveau James Bond. « Elle me proposait un rôle de méchant qui me plaisait d’autant plus qu’il est très éloigné des andouilles rêvant de conquérir le monde dans les autres James Bond. Son objectif est juste de gagner de l’argent ! » Depuis, Mads a été consacré à Cannes, en 2012, pour son interprétation d’un éducateur injustement accusé de pédophilie dans La Chasse, de Thomas Vintenberg, et on a pu le voir, avant la fermeture des cinémas, dans l’excellent Drunk, du même réalisateur.
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EVA GREEN : L’anti-James Bond girl
L’actrice française n’était pas encore la muse de Tim Burton, ni l’héroïne de la série Penny Dreadful, mais elle tenait largement sa place face à Daniel Craig, en envoyant valser la James Bond girl faire-valoir. Son personnage, Vesper Lynd, représentante du Trésor britannique, dépêchée auprès de Bond pour financer une partie de poker contre Le Chiffre, est d’une autre trempe. « Si on m’avait demandé de jouer la poulette en Bikini qui ramène ses cheveux en arrière au ralenti, j’aurais décliné l’offre… » Vesper est imprévisible, tour à tour cassante et désarmante. Encore mieux, elle fait craquer 007. « Je le pousse à exposer ses failles, à exprimer ses doutes et, par conséquent, à exprimer son humanité. » Martin Campbell, le réalisateur, a cherché pendant des mois celle qui serait capable d’exprimer cette palette inédite. Angelina Jolie et Charlize Theron étaient en lice, mais Eva, 25 ans et seulement quatre films à son actif à l’époque, a remporté le rôle. L’effet de son mélange de grâce et de profond mystère…
Casino Royale, dimanche 21 septembre à 21h10 sur France 2