Anne Marivin (La Vie, l’amour, tout de suite) : « À la lecture du scénario, j’avais une boule au ventre »

Publié le 31 janvier 2023 à 11:04
Ade ADJOU/M6
Dans cette fiction inspirée d’une histoire vraie, la comédienne incarne la mère d’une ado atteinte de mucoviscidose. Confidences recueillies au Festival de la Fiction de La Rochelle, en septembre 2022.

Ce film, vous l’attendiez ? 

Anne Marivin : J’avais adoré travailler avec la productrice Véronique Marchat, en 2013, pour le téléfilm Ce soir, je vais tuer l’assassin de mon fils. Qu’elle pense à moi pour ce projet m’a beaucoup touchée. Une histoire d’amour entre adolescents, c’est toujours émouvant. Malheureusement, en filigrane de cette romance, il y a la maladie de Julie (Sandy Afiuni), 16 ans, la fille de mon personnage, atteinte de mucoviscidose. Je n’avais jamais joué la maman d’un enfant malade. Tout au long de la lecture du scénario, j’avais une boule au ventre. Je me disais : "Comment vit-on dans le corps d’une femme qui a mis au monde un enfant atteint d’une maladie génétique héréditaire ? Comment continue-t-on de respirer quand on sait que celui-ci peut mourir avant vous ?" J’ai trouvé le sujet passionnant. 

Quel genre de femme est Cathy ? 

Contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre, Cathy est loin d’être la femme parfaite. C’est une mère qui vit constamment sous tension, avec un sentiment profond de culpabilité. Une maman obsédée par le contrôle, qui en devient autoritaire et dirigiste. Avec elle, c’est comme ça, et pas autrement !

Et là, catastrophe ! Elle apprend que sa fille est enceinte… 

Cette annonce fait l’effet d’une bombe. Cathy a des échanges violents et cinglants avec Julie. "Je vais te faire avorter !", lui lance-t-elle… C’est carrément moyenâgeux. On ne peut pas tenir de tels propos, ce n’est pas possible ! Pourtant, Cathy, elle les dit ! 

On la sent révoltée, non ? 

Pire ! Cette nouvelle est un cataclysme. Pour elle, la grossesse de sa fille est impossible à cause de sa maladie. 

Ce film montre que la vie est plus forte que la maladie… 

Oui. C’est un film sur la résilience. Et le talent de Nicolas Cuche, le réalisateur, est qu’il n’en fait pas un drame. Au contraire, il accomplit un film extrêmement lumineux. On parle ici de deux adolescents qui vivent une histoire d’amour merveilleuse. À 16 ans, on pense toujours que c’est la dernière fois que l’on va tomber amoureux et que si l’on se fait plaquer, on va mourir… Le tragique de l’histoire, c’est que Julie est très lucide et sait qu’elle est condamnée. Pour elle, s’autoriser à avoir un enfant, c’est aller vers la vie et mépriser sa maladie ! 

Le téléfilm dépeint aussi l’innocence et la naïveté des ados qui découvrent la joie de devenir parents, sans imaginer une seule seconde les conséquences de leur décision… 

Tout à fait. On le voit dans cette scène où ils font le test de grossesse. Pour eux, cela ressemble à un jeu. Ils ont des fous rires, chahutent comme des enfants… Néanmoins, ils assument. Et ils ont raison… Ce film est d’ailleurs l’adaptation du livre éponyme de Julie Briant, qui, aujourd’hui, est maman de deux enfants. 

Avez-vous été surprise par la maturité des jeunes acteurs qui interprètent Julie et Ludo ? 

Oui, ils sont tous les deux formidables. On doit ce beau casting à Nicolas Cuche, qui a l’habitude d’aller chercher de nouveaux talents ! 

La Vie, l’amour, tout de suite : mardi 31 janvier à 21h10 sur M6

INTERVIEW CATY DEWANCKÈLE 

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