Présentation
Asus est un fabricant taïwanais d’ordinateurs et de composants informatiques. Au travers de sa marque ROG (Republic of Gamers), Asus propose une gamme complète d’équipements pour les joueurs, allant du simple tapis de souris au PC gaming en passant par les smartphones gaming. Au cœur de son catalogue se trouve la ROG Ally, une console portable qui n’a pas manqué de déchainer les passions depuis son annonce. Lancée au tarif de 799 € dans sa version Z1 Extreme, que nous avons testé, elle se trouve actuellement à 649 €.
Ce petit bijou de technologie embarque une configuration musclée et promet aux joueurs de lancer tous leurs jeux favoris dans de bonnes conditions, qu’il s’agisse de Cyberpunk 2077 ou de titres plus légers, et même d’émulateurs de consoles d’anciennes générations. La promesse est alléchante, notamment pour les gamers qui cherchaient une console performante pour jouer en déplacement.
Prise en main, un beau bébé

A l’ouverture de la boite, la console portable d’Asus se présente comme une imposante manette blanche affublée d’un large écran de 7 pouces en son centre. La parenté entre la Nintendo Switch ou le Steam Deck est évidente. Les poignées creusées et texturées assurent une bonne préhension, d’autant que son poids, que nous avons mesuré à 613 grammes, reste raisonnable. A titre de comparaison, une Switch, nettement moins poussée, affiche 300 grammes de moins mais une Steam Deck est 50 grammes plus lourde. L’écart avec cette dernière est notable et pourra faire la différence auprès des utilisateurs intensifs.
Sur la face avant se trouvent une croix directionnelle, deux joysticks, les traditionnelles touches A,B,X et Y ainsi que 4 boutons de raccourcis qui permettent d’appeler des fonctions propres à la console. Les codes de la manette Xbox sont bien respectés et les joueurs ne devraient pas être perdus. On trouve également 2 haut-parleurs stéréo en façade, ce qui augure un bon rendu. Les plus gamers apprécieront les joysticks cerclés d’un éclairage RVB entièrement paramétrable.
La partie supérieure comporte 4 gâchettes LB/LT et RB/RT ainsi que toute la connectique, à savoir une prise combo micro-casque, primordiale pour les gamers, les touches volumes, le bouton de démarrage, un port microSD, une prise USB-C servant également à la recharge, ainsi qu’une prise spécifique XG Mobile. Cette dernière permet de relier la station d’accueil Asus ROG XG Mobile décuplant les performances de la console grâce à une carte graphique plus puissante. C’est une bonne intention mais la plupart des joueurs utiliseront cette console dans un lit ou en déplacement et préfèreront un PC gaming dédié pour profiter d’un maximum de puissance. On remarque enfin de ouïes d’aérations, nécessaire pour dissiper la chaleur dégagée par cette console.

A l’arrière, le constructeur ajoute deux nouvelles touches qui séduiront les joueurs pour ajouter d’autres raccourcis dans leurs jeux. Deux prises d’air assurent le refroidissement de la console, dont une en forme d’œil, le logo caractéristique d’Asus ROG.
Les commandes tombent naturellement sous les doigts et aucune gêne n’est à déclarer, même après plusieurs heures de jeu. L’assemblage est sérieux et la console respire la solidité malgré l’utilisation massive de plastique, probablement pour ne pas alourdir la console. Si le coloris blanc est flatteur et tranche avec la concurrence, on peut craindre l’arrivée de saletés dans les interstices, notamment après de longues heures de jeu avec les mains moites.
Ergonomie logicielle
Une console sous Windows

Contrairement à d’autres consoles, l’Asus ROG Ally Z1 Extreme ne fait pas le choix d’un système d’exploitation propriétaire, mais préfère utiliser Windows 11. La console se comporte ainsi comme un véritable ordinateur portable et offre la possibilité d’installer tous les logiciels et jeux de son choix.
En utilisant Windows 11, l’Asus ROG Ally permet aux joueurs d’installer tous les jeux du marché à travers les traditionnels marchés de jeux comme Steam, Epic Games ou Ubisoft Connect. Il est même possible d’installer des émulateurs ce qui ravira les amateurs de rétrogaming. Les possibilités offertes sont ainsi illimitées et la bibliothèque de jeux est virtuellement infinie.
Malheureusement, Windows n’est pas un système d’exploitation prévu pour cet usage et la navigation peut parfois s’avérer laborieuse. On peut, bien évidemment utiliser l’écran tactile de la console, mais les clics seront moins précis et cela oblige à lâcher une main pour naviguer ou taper sur le clavier. Le stick droit simule l’usage d’une souris et le clic sur le joystick simule le clic gauche de la souris, mais cela manque de précision.
Armoury Crate à la rescousse
Heureusement, Asus ajoute sa propre surcouche à l’OS de Microsoft avec son logiciel Armoury Crate SE, pré-installé sur la console. Ce dernier rassemble dans un seul endroit, tous les jeux et permet de les lancer rapidement. Cela facilite grandement l’utilisation mais ne permet pas de s’affranchir de l’étape fastidieuse de l’installation des jeux et du paramétrage des touches, du niveau de détail dans les jeux et autres subtilités propres au gaming sur PC.
Pour simplifier l’utilisation, Asus ajoute ses propres raccourcis sur les 4 touches situées de part et d’autre de l’écran. Cela simplifie un peu l’utilisation avec un volet de réglage rapide, pour le mode de la console (Turbo, silence, performance), la luminosité, le taux de rafraichissement ou les connexions sans-fil Wifi et Bluetooth. On peut également créer nos propres raccourcis comme définir le mode de jeu ou l’ouverture du clavier virtuel.
Les utilisateurs de PC gaming ne seront pas trop déroutés mais la prise en main alternant les commandes physiques et tactiles demande un temps d’adaptation. La navigation est par conséquent nettement moins intuitive que sur une console classique comme la Nintendo Switch ou la Steam Deck. On salue toutefois le panel de possibilités offertes par Windows, ce qui ravira les amateurs de bidouillages en tous genres qui pourront ainsi paramétrer leur console avec précision.
Ecran

Au centre de la console se trouve le large écran tactile de l’Asus ROG Ally Z1 Extreme. Le fabricant a fait le choix d’intégrer une dalle IPS au format 16/9, très classique. Côté définition, Asus est parti sur la Full HD 1920 x 1080 pixels, ce qui marque le pas face à ses concurrents Steam Deck et Nintendo Switch qui restent bloqués à la HD. Dernière fantaisie, le taux de rafraichissement est ici porté à 120 Hz ce qui ravira les amateurs de jeux compétitifs où la fluidité est la clé de la victoire.
Plutôt ambitieux, cet écran est également de très bonne qualité. L’affichage est fin, grâce à sa bonne résolution et les couleurs sont parfaitement calibrées. Armoury Crate SE permet en plus de modifier la température de couleurs qui nous a semblé légèrement froide. Malgré l’utilisation d’une dalle IPS, le taux de contraste est visuellement bon, dans la moyenne de cette technologie. Sans toutefois atteindre le contraste pharamineux de l’OLED, l’écran de cette console portable Asus présente de nombreuses qualités.
Point essentiel pour les gamers, le taux de rafraichissement est porté à 120 Hz, ce qui assure une très bonne fluidité dans les jeux qui demandent beaucoup de réactivité. En jeu, nous n’avons pas observé de phénomène de rémanence ou d’image fantôme, ce qui témoigne de la bonne réactivité de la dalle.
Du côté de la luminosité, la console Asus ROG Ally Z1 Extreme réserve également de bonnes surprises. La dalle est suffisamment lumineuse pour jouer confortablement dans de nombreuses situations. Elle sera néanmoins insuffisante pour jouer en extérieur en plein été, ce qui est dommage. En revanche, sa luminosité minimale est suffisamment faible pour jouer dans l’obscurité, ce qui a beaucoup plus de sens pour les noctambules.
Performances
Une puissance hallucinante

Comme nous l’avons vu, l’écran de l’Asus ROG Ally Z1 Extreme est plutôt ambitieux, surclassant la Switch et le Steam Deck en matière de définition et de taux de rafraichissement. Malheureusement, pour pouvoir assurer une expérience fluide et exploiter toutes les qualités de son écran, il faut une grande puissance de calcul. De la même manière, Windows 11 est plus gourmand en ressources qu’un système d’exploitation dédié.
Asus a glissé à l’intérieur de sa console portable une puce AMD Ryzen Z1 Extreme accompagné de 16 Go, comme un vrai PC gaming, et d’un SSD de 512 Go. Derrière le nom de Ryzen Z1 Extreme se cache un processeur à 8 cœurs dérivé de l’architecture Zen4 du constructeur. Côté graphique, l’AMD Z1 Extreme hérite d’un circuit Radeon 780M composé de 12 unités de calculs RDNA3.
D’après nos tests de calculs CPU, l’Asus ROG Ally Z1 Extreme s’avère être aussi puissante qu’un véritable PC portable et se permet même de tutoyer certains modèles gaming et de dépasser de nombreux ultrabooks. Le processeur est si puissant qu’il surclasse bon nombre de PC portables gaming d’entrée de gamme, qui se négocient généralement aux alentours des 800 €.
A l’aise dans tous les jeux
En jeu, ce qui est l’usage premier de cette Asus ROG Ally Z1 Extreme, la console fonctionne sans sourciller dans tous les titres, même les plus récents à la définition native 1920 x 1080 pixels. Selon votre niveau d’exigence, il faudra baisser le niveau de détail à « bas » pour profiter d’environ 50 images/seconde dans les derniers titres.
Les jeux compétitifs comme Counter Strike ou Valorant n’ont aucun mal à tourner sur cette console portable. C’est un réel plaisir de jouer sur cet écran et sa petite taille permet même de baisser la définition en HD si le besoin se faire ressentir.
Ces performances sont vraiment exemplaires pour la catégorie et il convient de rappeler la prouesse que représente de lancer des jeux comme Cyberpunk 2077 ou Forza 5 sur un dispositif aussi compact.
Une chauffe et un bruit maitrisé

Avec une console aussi compacte, on peut craindre la chauffe et le bruit généré par la ventilation. Asus reste un expert dans ce domaine et propose une console très bien équilibrée. En mode performance, la console émet un léger soufflement qui ne sera guère dérangeant une fois un casque gaming posé sur la tête. Seule le mode Turbo devient audible mais un simple casque permet de gommer ce défaut.
Du côté de la chauffe, l’appareil nous a étonné, surtout avec un niveau de bruit aussi contenu. Ainsi, le dos de l’appareil monte raisonnablement en température et les ouïes d’aération sur le dessus diffusent un souffle chaud, comme le ferait un PC portable. Les mains restent pour leur part au frais et c’est le plus important.
Autonomie
Avec une configuration aussi performante et un écran Full HD 120 Hz, il est impensable d’espérer de tenir de longues heures loin du chargeur, malgré la batterie de 40 Wh. Dans la pratique, en jouant à un jeu récent en mode performance, nous avons atteint environ 1h30 de jeu. Avec un jeu indépendant moins gourmand, il nous a été possible de tenir un peu plus de 3 heures.
Si vous espérez jouer aussi longtemps loin d’une prise, il faudra diminuer la luminosité, baisser le taux de rafraichissement de l’écran à 60 Hz et limiter ses jeux à 30 images/seconde. Il s’agit là de la plus grosse déception concernant l’Asus ROG Ally Z1 Extreme qui souffre de sa compacité l’empêchant d’embarquer une plus grosse batterie, et de sa configuration musclée. Heureusement, le chargeur 65 W permet de regagner de l’énergie rapidement, en un peu plus d’une heure.
Conclusion
L’Asus ROG Ally Z1 Extreme est une console portable particulièrement puissante qui séduira les gamers à la recherche des meilleures performances. Son écran de qualité assure un affichage confortable pour profiter des jeux dans les meilleures conditions, mais l’autonomie limitée oblige à garder son chargeur à portée de main et limite de facto la portabilité de la console. Enfin, le choix d’utiliser Windows 11 comporte ses avantages et ses limites. Si on profite d’une expérience très complète et d’une bibliothèque de jeux illimité, il faudra faire avec une ergonomie pas toujours évidente et aimer se plonger dans les réglages et bidouiller pour en tirer le meilleur, comme sur un PC gaming. Toujours est-il qu’à 649 €, l’Asus ROG Ally a de quoi séduire et on lui pardonnera volontiers ses imprécisions en matière d’ergonomie pour profiter de ses jeux.