Déco : le retour gagnant du canevas

Publié le 28 août 2023 à 15:54
Déco : le retour gagnant du canevas
Instagram @nathaliegagneuxcreations
Suranné et kitsch, il avait été relégué dans le grenier. Il s'offre, aujourd'hui, une seconde vie.

Pas vraiment beau, mais pas tout à fait laid, il trônait en bonne place dans le salon de mémé. Cerfs et biches, bouquets de fleurs, alpages enneigés, poulbots parisiens ou marquises au jardin étaient fièrement exposés, fruits d’interminables heures à enchaîner les « petits points » de broderie dans un méli-mélo de fils colorés. On dit qu’en France, aucune fillette des années 50 et 60 n’aurait échappé à la réalisation d’un petit canevas. Si, aujourd’hui, des artisans d’art perpétuent le noble métier de lissier (qui exécute des tapisseries), d’autres revisitent des canevas plus prosaïques.

Le canevas, qu’est-ce que c’est ? 

©Instagram 

Tissu support de la broderie (ou tapisserie à l’aiguille), c’est une toile lâche sur laquelle peut être imprimé un dessin, et qui permet la pratique de multiples points d’ornement. Autrefois en chanvre (« canevas » vient du latin canevasium, cannabis = chanvre). Les canevas sont désormais en coton ou en matière synthétique.

Démodé, le canevas ? 

Il ne peut pas mieux coller à la tendance actuelle pour le vintage. Coussins, tapis, luminaires, chaises, tabourets… le canevas sort aujourd’hui du cadre et s’invite de plus en plus dans nos intérieurs. On aime son style rétro, que l’on associe sans complexes à des éléments modernes pour ne pas tomber dans une ambiance trop kitsch, à moins d’en faire délibérément le choix… La plupart du temps recyclé par des artisans, il peut également faire l’objet de créations textiles contemporaines en série. Signe qu’il redevient un phénomène de mode. Mais là, de recyclage et de poésie, il n’est plus question…

Allier passé et présent 

Pour la créatrice Nathalie Gagneux*, ancienne élève de l’école Duperré, à Paris, et adepte du recyclage textile, les vieux canevas fanés sont des trésors. Ils sont la base même de plusieurs de ses créations depuis onze ans. « Je chine tous mes canevas. Je les aime anciens. C’est une matière costaude, mais aussi très belle. Je n’en suis pas fan sur un mur. Mais une fois “remis en scène” sur un fauteuil ou une chaise en Formica, ils sont pleins de poésie. Je leur invente une autre histoire. » Qui semble plaire, puisque ses créations, des pièces uniques, s’arrachent !

*Sur son site ou sur Instagram 

Par
Emmanuelle Touraine