C’est un rythme qui évoque la cadence d’un tambour : tremper, tamponner, tremper, tamponner, encore et encore. Un mouvement répétitif et hypnotique, qui souligne la beauté du geste. Celui-ci, manuel et ancestral, est né au nord de l’Inde, précisément au Rajasthan, au cours du XIIe siècle. Le block print, ou impression au bloc, consiste à imprimer des motifs, le plus souvent floraux, sur du tissu, à l’aide d’un tampon en bois taillé et sculpté, imprégné de teinture végétale. À partir du XVIe siècle, cette technique entre dans un âge d’or qui durera près de 300 ans.
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Avec les comptoirs coloniaux, elle sera largement exportée, notamment en Europe, où les imprimés indiens sont très convoités, surtout en déco et en ameublement. Des manufactures s’implantent alors en France et produisent des toiles, baptisées « indiennes », jusqu’au XIXe siècle. Les plus célèbres sont à l’origine des fameux imprimés provençaux, comme ceux de la marque Souleiado, ou de la Toile de Jouy.
À LA CONQUÊTE DU MONDE
Quant aux Britanniques, eux, ils s’approprient la technique pour fabriquer leur chintz fleuri. Bientôt, la mécanisation permet de produire à un coût inférieur et d’inonder les marchés européen, américain et asiatique. Si bien qu’au XIXe siècle, l’Inde n’exporte quasiment plus ses cotonnades : la fabrication industrielle prend le pas sur l’impression manuelle. Après l’indépendance du pays en 1947, les artisans se réapproprient cet héritage précieux, dont le berceau demeure le Rajasthan.
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L’art du block print connaît aujourd’hui une seconde jeunesse, remis au goût du jour par de nombreuses marques de décoration et de mode comme Fragonard, Caravane, Curiosity Lab… Les dessins traditionnels indiens sont modernisés avec de nouvelles couleurs, ils se mêlent à d’autres motifs, parfois décalés, le tout dans le respect du fait main et d’un travail imparfaitement parfait