On en compte, en moyenne, une soixantaine dans une maison ! En matière de décoration, pourtant, prises et interrupteurs étaient souvent considérés comme la dernière roue du carrosse. Les modèles blancs basiques, d’entrée de gamme, prévalaient, et l’intention de la majorité des fabricants était d’offrir du matériel fonctionnel et sécurisé, sans plus de recherche esthétique. Dans les années 2000, un tournant s’opère avec l’engouement grandissant pour la déco. Puisque, comme le clamait Léonard de Vinci : « Les détails font la perfection et la perfection n’est pas un détail », l’appareillage électrique ne se cache plus et assume pleinement sa part de fantaisie… ou de luxe !
LA TOUCHE EN PLUS
Alors que l’on actionne un interrupteur des dizaines de fois par jour, pourquoi devrait-il rester discret, insipide, moche ? Pourquoi ne pourrait-on pas en changer, comme de poignée de porte ou de placard ? Des tas de fabricants, dont Legrand, l’un des leaders du marché, l’ont compris et multiplient les références avec de nouvelles gammes accessibles, noires ou colorées, modulables, au toucher mat et poudré, rondes ou rectangulaires. À côté, de petites marques se nichent sur le créneau interrupteur « rétro-déco », qui mise tout sur le sens du détail.
UN ACCESSOIRE À PART ENTIÈRE
Directement inspirés des appareillages des années 1920, les produits de la marque belge Zangra (www.zangra.com) font un carton dans le monde entier. À l’heure des prises affleurantes et de la maison connectée, ces modèles en porcelaine noire et blanche – apparus à l’initiative d’un couple d’architectes qui désespérait de ne pas en trouver pour un chantier en cours –, reprennent les codes du vintage et surfent sur la simplicité, la fonctionnalité et l’authenticité. À Paris, l’Heure Industrielle (www. heure-industrielle.com) se définit comme « l’antre glamour des interrupteurs » !
L’enseigne réunit des centaines de modèles, de tous styles et à tous les prix, entre marques historiques et fabriques récentes et inventives. Rétro, chics, contemporains ou fantaisie, boutons- poussoirs, à bascule ou rotatifs, en porcelaine ou en acier, en saillie ou à encastrer, le choix est vaste ! Cela varie de l’interrupteur s’inspirant de son ancêtre, dit « tumbler », inventé fin XIXe siècle, au temps d’Edison, à celui du fabricant allemand Jung, reprenant les codes modernistes et l’authentique palette Les Couleurs Le Corbusier, à celui en bois, éthique et durable, de Realitem. Ce lieu prouve l’extraordinaire créativité d’un secteur désormais en pleine lumière.
Peut-on installer un « vrai » interrupteur vintage chez soi ?
À moins d’en faire la collection, inutile de chiner d’anciens boutons-poussoirs : ils ne sont plus adaptés aux normes électriques (NF C 15-100), qui exigent que tous les circuits d’éclairage, y compris ceux commandés par un interrupteur, soient reliés à la terre.