Si ce mouvement esthétique et artistique est diffi cile à cerner et à définir, c’est notamment parce que le terme même d’"Art déco" est une pure invention. Il est apparu dans les années 1960, en référence à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes qui s’était tenue à Paris en 1925 ! Cette année reste celle de référence pour célébrer le centenaire, puisqu’elle est aussi celle de l’apogée de ce courant protéiforme. Elle sera le point de départ d’un rayonnement culturel français à travers le monde entier.
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SOIF DE LIBERTÉ
L’Art déco, apparu avant la Première Guerre mondiale, émerge et prend son essor dans les années 20, dans un contexte de changement radical : vitesse, mouvement et liberté sont les maîtres mots d’une société nouvelle. On renverse l’Art nouveau, ses volutes romantiques et ses arabesques végétales, qualifiées de "style nouille". Place à la modernité !
On voit fleurir des formes géométriques stylisées et des lignes pures, ainsi que l’emploi de matériaux industriels, tels que l’acier, le cuivre, l’aluminium, combinés avec des savoir-faire et des matières nobles comme la nacre, le galuchat, l’ivoire, l’ébène. Luxe, sophistication et élégance répondent à un besoin d’évasion et de renouveau face à un monde en pleine mutation
UN STYLE HÉTÉROGÈNE
Comme une incarnation des Années folles, l’Art déco apparaît comme un ensemble fluctuant de formes et de motifs, sans chef de file, ni manifeste ou programme. Outre la production de nombreux chefs-d’œuvre, cette tendance esthétique, qui n’était pas à une contradiction près, a eu le mérite d’osciller entre avant-garde et tradition, fonctionnalité et ostentation.
Si certains, comme Robert Mallet-Stevens, Eileen Gray, Le Corbusier, incarnent le courant moderniste, qui privilégie la fonction de l’objet, l’épure, les lignes droites, d’autres, comme Jacques-Émile Ruhlmann, André Groult, Louis Süe utilisent les motifs complexes, l’incrustation de métaux précieux, le recours à des techniques comme la laque ou la marqueterie. Mouvement majeur du XXe siècle, l’Art déco, né en Europe, et plus particulièrement à Paris, essaimera dans le monde entier. Il reste, aujourd’hui encore, une source d’inspiration fondamentale de la création contemporain.
QUELQUES CÉLÉBRATIONS À NE PAS RATER CETTE ANNÉE
Le programme fort de cet anniversaire se tiendra du 21 octobre au 22 février 2026, au musée des Arts décoratifs à Paris : 1925-2025. Cent ans d’Art déco, où les nombreux chefs-d’œuvre de sa collection (la plus importante au monde) seront mis en lumière, dont ceux de Jacques-Émile Ruhlmann, qui a actuellement droit à sa propre exposition : Ruhlmann décorateur, jusqu’au 1er juin. https://madparis.fr/
Toujours à Paris, la Cité de l’architecture et du patrimoine inaugurera, le 24 octobre, Paris 1925 : L’ Art déco et ses architectes. www.citedelarchitecture.fr
Jusqu’au 1er juin, la Maison du Patrimoine, au Havre, présente l’expo La Folie Art déco – Quand la modernité s’empare du Havre. www.lehavreseine-patrimoine.fr
Toute l’année, Reims propose un programme foisonnant : L’Art déco à Reims – Folies modernes 1925-2025. www.reims.fr
Nancy, qui compte quelque 1 300 bâtiments Art déco, présentera, du 17 octobre au 15 février 2026 : Nancy 1925 – Une expérience de la vie moderne, dans son incontournable musée des Beaux-Arts. https://musee-des-beaux-arts.nancy.fr