Certes, la ville aux portes d’or abrite la place Stanislas, un joyau du XVIIIe siècle classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais l’Art nouveau y demeure un autre incontournable. Refusant de prendre la nationalité allemande lors de l’annexion de l’Alsace-Moselle en 1871, de nombreux artistes et industriels français migrent à Nancy, qu’ils transforment en vitrine du savoir-faire hexagonal. Sous l’impulsion du maître verrier Émile Gallé, ils fondent, le 13 février 1901, l’Alliance provinciale des industries d’art, plus connue sous le nom d’École de Nancy
L’art dans tout, l’art pour tous
Les membres de l’École de Nancy puisent surtout leur inspiration dans la nature et utilisent les techniques les plus modernes de l’époque. Architecture, ébénisterie, céramique, verrerie, peinture… Leur génie s’exprime dans tous les domaines et imprègne la vie quotidienne pour rendre l’art accessible à tous. Pour mesurer pleinement cette effervescence créatrice, direction le musée de l’École de Nancy. Installé dans l’ancienne propriété du collectionneur Eugène Corbin, il nous propulse à l’aube du XXe siècle. Chaque pièce y est aménagée et décorée avec 759 chefs-d’oeuvre des maîtres de l’École de Nancy ! Sans oublier, dans le jardin, le pavillon circulaire orné des vitraux de Jacques Gruber, abritant un aquarium et un décor de grotte en rocaille. (36-38, rue du Sergent- Blandan, du mercredi au dimanche, de 10 h à 18 h, 7 €, tarif réduit 4 €). À deux pas, pour parfaire ce voyage dans le temps, se trouve la villa Majorelle (photo). Rénovée entre 2018 et 2020, cette demeure est une oeuvre d’art totale, tout en arabesques, lignes courbes et motifs végétaux. Des meubles, lampes, vitraux, fresques, jusqu’aux boutons de porte, aucun détail n’est négligé. L’ébéniste Louis Majorelle habita ce bijou de fantaisie jusqu’à sa mort, en 1926. (1, rue Louis-Majorelle, du mercredi au dimanche, de 14 h à 18 h, 6 €, gratuit pour les – 26 ans).
Un musée à ciel ouvert
Même si, au sortir des années 70, Nancy fut en proie à une vague de modernisme, certains bâtiments Art nouveau ont heureusement été épargnés. Levez les yeux et laissez-vous surprendre par les fleurs sculptées dans la pierre, les vitraux, les ferronneries ouvragées. Près de la place Stanislas, au 38, rue des Dominicains, poussez la porte de la pharmacie du Ginkgo pour y admirer la mosaïque au sol et les boiseries du comptoir signées Louis Majorelle. Au 7 bis, rue Saint-Georges, osez entrer au Crédit lyonnais pour contempler la verrière zénithale de 250 m2 conçue par Jacques Gruber (créateur de la coupole des Galeries Lafayette à Paris). Des parcours permettent de découvrir ce patrimoine unique de manière autonome ou avec des guides (10 € par personne, gratuit pour les moins de 6 ans, informations et réservations sur www.nancy-tourisme.fr). Pour compléter ce panorama, fi lez au 3, place Stanislas : le musée des Beaux-Arts, qui à lui seul vaut le détour, abrite la collection Daum. Cette dernière présente l’histoire de la célèbre manufacture lorraine. Comme autant de pierres précieuses, environ 300 vases et objets sont exposés et brillent dans la pénombre du sous-sol (7 €-10 €, tarif réduit 4,50 €-6 €).
➜ Où manger ? À l’Excelsior, pour son exceptionnel décor Art nouveau et son ambiance de brasserie Belle Époque. Quiche lorraine/salade 10,50 €. 50, rue Henri-Poincaré. Tél. : 03 83 35 24 57.
➜ Où dormir ? Au Mercure Centre Gare, fraîchement rénové, pour ses chambres agréables, sa literie au top et ses produits locaux. À partir de 106 € la chambre double. 11, rue Raymond- Poincaré. www.all.accor.com