Conso : La Bretagne, terre de vanille

Publié le 4 mai 2025 à 14:00
Prince de Bretagne
Après les agrumes, c’est au tour de la vanille de s’implanter dans les Côtes-d’Armor, avec le collectif des maraîchers Prince de Bretagne. Insolite !

Aventurier, audacieux et téméraire, le Breton n’a peur de rien ! Même pas de se lancer dans la culture d’une belle orchidée qui s’épanouit, généralement, à La Réunion, Tahiti ou Madagascar. Une idée née en 2019, lors d’une réunion des producteurs Prince de Bretagne, toujours en quête de diversification. À la question "Qui serait intéressé par la culture de la vanille sous nos latitudes bretonnes ?", trois maraîchers lèvent la main. En 2024, après cinq années d’apprentissage, ils ont gagné leur pari, avec la récolte du premier millésime, une vanille brune et grasse, riche en vanilline. 

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Un travail d’orfèvre 

Plante de sous-bois, la Planifolia se démarque par sa délicatesse. Elle n’aime ni les excès de lumière, ni les trop grosses chaleurs. Les maraîchers bretons lui ont fait de la place dans leurs serres à tomates où, même à 8°C dehors, le thermomètre affiche sans problème 23°C ! Pas besoin de chauffer, donc, sauf en cas de froid polaire. En revanche, les producteurs ont dû acquérir le savoir-faire, un travail d’orfèvre et de patience, car chaque fleur est pollinisée à la main et chaque gousse est délicatement massée pour équilibrer les grains. Si la fécondation est réussie, il faut attendre sept-huit mois pour récolter.

Une tache minutieuse 

Après, les gousses vertes passent à l’échaudage. Le procédé consiste à les plonger 2-3 minutes dans un bain d’eau à 65°C, pour les placer ensuite à l’étuvage, dans des caisses en bois de châtaignier, recouvertes de coton. Ainsi, pendant plusieurs heures, elles vont suer, et surtout brunir. Vient alors la période de séchage, qui dure environ quatre mois, sur des claies en bois, puis l’affinage, dans des feuilles de paraffine, pendant sept mois. Il s’agit d’un moment clé, car c’est là que chaque gousse va développer ses arômes, mais cela demande une surveillance accrue, pour éviter tout risque de moisissure. Cette culture, qui représente un travail minutieux et titanesque, peut rendre fiers les producteurs, une fois les gousses de vanille en main ! 

Compter 10,90 € l’unité. www.henaffandco.fr 

Par
Stéphanie Clery-Guittet