Controversé en son temps, Auguste Perret (1874-1954) est aujourd’hui une référence majeure de l’architecture française. Précurseur et visionnaire, il a révolutionné l’utilisation du béton armé, ce matériau d’abord destiné à l’industrie, devenu un élément raffiné sous sa maîtrise. Voici quelques lieux pour admirer son travail.
Paris
Son oeuvre est intimement liée à la capitale, qui aura été son laboratoire. En 1903, il conçoit l’immeuble situé au 25, rue Franklin (16e), premier bâtiment en béton armé de Paris. On lui doit aussi le Théâtre des Champs-Élysées (15, avenue Montaigne, 8e), le Palais d’Iéna (photo), chefd’oeuvre Art déco construit pour l’Exposition universelle de 1937 (9, place d’Iéna, 16e, visite gratuite sur inscription : www.lecese.fr ), et le Mobilier national (1, rue Berbier du Mets, 13e). www.mobiliernational.culture.gouv.fr
Grenoble
En 1925, la tour Perret est, avec ses 95 m, l’édifice en béton armé le plus haut du monde. Pour fêter son centenaire, en 2025, et la rouvrir au public (parc Paul-Mistral), elle fait l’objet d’un vaste projet de restauration.
Amiens
La ville compte aussi sa tour Perret, indissociable du paysage amiénois. Avec ses 110 m, impossible de la rater. Achevé en 1952, le premier gratte-ciel français abrite des logements et ne se visite pas. Cependant, au 21e étage, un appartement, « Les Terrasses de la tour Perret », est disponible à la location sur Airbnb (place Alphonse-Fiquet).
Le Havre
Fruit d’une carte blanche accordée à Auguste Perret au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la ville, alors rasée à 90 %, sera, en quelque sorte, son chef-d’oeuvre. Son centre-ville est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2005. Édifice emblématique, l’hôtel de ville est cerné par les fameux ISAI (Immeubles sans affectation individuelle). Incontournable, l’église Saint- Joseph, dont l’extérieur, austère, contraste avec l’intérieur, inondé de lumière (photo), avec ses 6 500 vitraux (bd François-Ier, entrée libre). Situé au 181, rue de Paris, l’appartement témoin Perret nous replonge dans les années 50 et traduit la modernité des concepts de l’architecte (sur rendez- vous, toute l’année, www.lehavre.fr).