Le Malinois, victime n° 1 des abandons : la chronique de la vétérinaire Laetitia Barlerin

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 16:19
guetty
Ce berger belge aux multiples talents est malheureusement trop souvent adopté pour de mauvaises raisons. Résultat, il est omniprésent dans les refuges !  

Aux Trophées des chiens héros, cérémonie organisée tous les deux ans par la Centrale canine (centrale-canine.fr), le malinois a toujours été le grand vainqueur. Normal, il est le chien de travail par excellence, le préféré des armées, des forces de l’ordre, des pompiers… Toujours en première ligne en zone sensible, fidèle et complice, il accomplit des exploits au service de l’humain. Tout le monde se souvient de Diesel, chien d’assaut du Raid, tué par des terroristes en 2015. 

Maltraité et exploité 

La première cause d’abandon est son exploitation (croissante) par la sécurité civile. Un agent de gardiennage est mieux payé s’il travaille avec son chien. Hélas, l’éducation bienveillante n’est pas toujours au rendez-vous et le bien-être animal serait loin d’être une priorité pour ces maîtres-chiens. Une fois le contrat terminé, certains n’hésitent pas à s’en débarrasser, comme on a pu l’observer après les Jeux de Paris. 

La tête et les pattes 

On dit de lui qu’il est « la Ferrari des chiens », car il allie élégance, puissance et performance. Sans oublier la nervosité. Un corps fin et musclé, un port altier… cet athlète au poil fauve et au masque noir déborde de vitalité. D’une intelligence vive, il apprend vite et veut toujours faire plaisir à l’humain. La vie de famille n’est pas un problème tant il est doux et protecteur avec les enfants et bon gardien de la maison. Alors, pourquoi abandonne-t-on un chien en or ? 

Hyperdoué et hypersensible 

Son dynamisme, son impulsivité et sa sensibilité à fleur de peau font qu’il ne peut être le chien de Monsieur Tout-le-Monde. Aussi est-il souvent victime d’erreur de casting ou de dressage brutal. Et finit en refuge pour « trouble du comportement ». Son éducation demande du doigté et une bonne connaissance de l’animal. Cet hyperactif a besoin d’une activité physique et intellectuelle soutenue, supérieure à celle d’un berger australien. Le confiner dans un jardin ou un appartement ne peut que le rendre fou. Ce grand dévoué à l’homme mérite mieux !

Par
Laetitia Barlerin